Installation tardive de Famara I. Sagna : Le pouvoir joue et gagne

Choisi depuis le 28 mai dernier, jour du lancement du dialogue national, par le Président Sall, décision entérinée par toutes les parties prenantes, le Président du Comité de pilotage du Dialogue national n’a toujours pas entamé les travaux. Famara Ibrahima Sagna est resté à son domicile. Il attend du Ministère de l’Intérieur, qui assure le secrétariat, la liste de tous les partisans, mais aussi son installation officielle, par le chef de l’État, conformément à la loi. Il a fallu la sortie musclée des organisations de la société civile pour que le pouvoir en place annonce son installation. Véritable dilatoire…

Le dilatoire…

Annoncé en grande pomme, le retard dans le démarrage du dialogue nationale est imputable à l’Exécutif et non à l’ancien président du Conseil économique et social (Ces).

Nombreux sont les Sénégalais qui ont fait état du dilatoire du pouvoir en place. Histoire de compromettre le calendrier républicain et le placer à son temps. Car, Macky Sall et son camp ne sont pas prêts à aller à une élection sans pour autant se rassurer de la remporter. C’est en ce sens que les partis de l’opposition qui prennent part au dialogue national et politique ont été pris sur leur propre piège par le pourvoir. Car, réclamant l’audit du fichier électoral avant toute élection, Macky Sall et son ministre de l’Intérieur ont ri sous cape. Leur vœu le plus absolu est de reporter les élections Locales le plus longtemps possible.

Alors que la société civile veut que ces joutes électorales se tiennent en juin 2020, à travers un amendement, Macky Sall et son camp parlent de mars 202 au plutard. Ce qui explique avec suffisance qu’ils ne sont nullement prêts à aller aux élections.

Et dans ce registre, ils ont joué avec le temps pour procéder à l’installation du Président du Comité de pilotage du Dialogue national. En ce sens, Macky Sall est accusé d’avoir un agenda pour travailler à repousser la tenue des élections locales le plus longtemps possible.

Lever certains obstacles…

Selon la Société civile, «l’installation de Famara Ibrahima Sagna va lever certains obstacles du dialogue politique qui ont empêché la matérialisation de certaines décisions, notamment l’audit du fichier et l’évaluation du processus électoral». Cela, le pouvoir le sait très bien.

Aujourd’hui, l’on insiste surtout sur la question du report des élections locales dont aucune date n’est encore fixée. Sur cette question précise, le gouvernement a récemment annoncé qu’au plus tard le 28 mars 2021, les Locales vont se tenir. Une proposition rejetée par le Front de résistance nationale (Frn). Donc elle devient dès lors un sujet urgent à évaluer.

L’installation tardive de Famara Ibrahima Sagna a eu un impact quelque peu négatif sur le déroulement des travaux de la commission chargée du dialogue politique. Ainsi, certaines décisions prises par la commission chargée du dialogue politique ne peuvent pas être appliquées par la commission elle-même. Ce sont des décisions qui doivent être appliquées par l’Etat et cela passe par conséquent par le président du dialogue national, Famara Ibrahima Sagna. Macky Sall et Aly Ngouille Ndiaye ont joué et gagné. Véritable gâchis !