Instagram va masquer les « likes » pour la santé mentale des utilisateurs

Depuis hier et dans six pays , le nombre de cœurs rouges sous les photos Instagram ne seront visibles que par ceux qui les publient. Un test pour réduire la course aux « likes » sur le réseau social, génératrice de stress.

Au début de la semaine, une étude canadienne révélait les dangers de l’utilisation excessive des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents. Des conclusions dont semble déjà avoir eu vent Instagram. La plateforme, très appréciée des jeunes, a en effet fait ce mercredi 17 juillet une annonce qui n’a pas réjoui l’ensemble de ses utilisateurs : dans six pays (l’Australie, l’Italie, l’Irlande, le Japon, le Brésil et la Nouvelle Zélande), ces derniers ne pourront plus voir combien de « j’aime » récoltent leurs photos.
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Aucune date n’a encore été communiquée sur la fin de cette expérimentation, déjà testée en mai au Canada. La fonction n’est toutefois pas totalement supprimée. Le nombre de « likes » sera toujours accessible aux personnes qui partagent des contenus, mais en cliquant sur une page différente. « Nous faisons cette expérience parce que nous souhaitons que nos utilisateurs se concentrent sur les photos et les vidéos partagées, pas sur le nombre de j’aime qu’ils recueillent, explique l’un des porte-parole du géant américain au Time. Nous ne voulons pas qu’Instagram donne l’impression d’être dans une compétition. »
Les notifications, cette addiction

Avec cette démarche, Instagram assure vouloir diminuer le stress des internautes. En 2017, une étude de la Royal Society for Public Health classait la plateforme comme le pire réseau pour la santé mentale des jeunes britanniques. Aux États-Unis, 72 % des adolescents du pays l’utiliseraient, selon des recherches conduites par le Pew Research Center en 2018. Or près de 40 % d’entre eux ne publiaient que des contenus susceptibles d’engendrer des « likes » ou des commentaires.

D’autres enquêtes ont aussi montré que recevoir des notifications, comme celles d’un « j’aime », enclenche la production de dopamine, « hormone du plaisir ». C’est ce phénomène qui est responsable de la création d’une dépendance aux réseaux sociaux.
La course aux cœurs rouges

Par ailleurs, les gens n’hésitent pas à se mettre dans des situations extrêmes pour gonfler les scores de leurs photos, multipliant les accidents. D’autres entretiennent l’obsession de corps toujours plus minces, à travers des challenges inquiétants (ribcage-bragging, toblerone tunnel, abcrack). Des tendances qui « exposent fréquemment les adolescents à des images d’autres jeunes mieux nantis, comme ceux ayant un corps ‘parfait' », notait l’étude canadienne publiée lundi. Et qui, par la même occasion, augmentent leur état dépressif, leur sentiment d’inutilité et la récurrence des pensées morbides.

Ainsi, cette manœuvre d’Instagram pourrait encourager les utilisateurs à photographier en fonction de leurs goûts, et non du nombre de likes qu’ils pourraient générer. La plateforme gérée par Facebook n’a toutefois pas indiqué si le dispositif sera étendu dans de nouveaux pays, comme en France.

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