Infections urinaires à répétition : une toxine endommagerait l’ADN de la vessie

Une étude de l’Inserm souligne que des bactéries présentes dans les urines libèrent une toxine, qui modifie l’ADN de la vessie, occasionnant des infections urinaires à répétition.

La plupart du temps, lorsqu’une infection urinaire se déclare, c’est à cause de la bactérie E. coli (80% des cas). Si les cystites sont très fréquentes, et touchent plus de 50% des femmes, elles sont chez certaines récurrentes. Au fil d’une étude, l’Inserm en collaboration avec le CHU de Toulouse, l’INRAE, l’Université Toulouse III et l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, s’est aperçu que les infections à répétition pouvaient être dues à une modification de l’ADN de la vessie. Explications.
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Les infections urinaires concernent 150 millions de femmes par an. Pour les soigner, les antibiotiques sont souvent nécessaires. Elles contribuent donc à un problème majeur de santé publique, dans la mesure où elles favorisent l’antibiorésistance. Pour comprendre pourquoi elles reviennent si souvent chez certaines patientes, des chercheurs ont étudié la virulence des bactéries qui les occasionnent : peuvent-elles infecter ou endommager les tissus de l’hôte ?
Une modification génétique de la vessie

223 adultes, touchés par une cystite due à la bactérie E. coli ont vu leurs urines analysées par les chercheurs de l’étude. Ces derniers ont identifié un biomarqueur dans 25% des cas, la colibactine, soit une toxine capable de p********r et d’abîmer l’ADN de la muqueuse de la vessie. Cette observation a été faite sur des souris. On parle d’un « effet génotoxique ».

« Si on ne peut pour le moment que spéculer sur l’impact de ces mutations, il est probable qu’elles soient associées à un risque accru de cancer de la vessie », a précisé le directeur de l’étude Eric Oswald. Comme cette toxine a déjà été repérée dans le microbiote intestinal, comme facteur de risque du cancer colorectal, les chercheurs pensent qu’il pourrait être intéressant de lier les deux.

Ces résultats ouvrent des perspectives de traitement. « En proposant des approches thérapeutiques visant à moduler la composition de leur microbiote intestinal, qui représente le réservoir principal des bactéries E. coli mises en cause dans ces infections urinaires ». A côté de cela, l’équipe travaille à élaborer des probiotiques spécialisés.

Source : Uropathogenic E. coli induces DNA damage in the bladder, Plos Pathogens, février 2021.

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