Haya de Jordanie : l’épouse de l’émir de Dubaï n’est pas la première princesse à tenter de fuir

Il y a un mois, Haya de Jordanie fuyait les Emirats Arabes Unis et par la même son mari, l’émir de Dubaï. Réfugiée à Londres avec ses deux enfants dans l’attente de son divorce, la princesse Haya craint aujourd’hui pour sa vie et celles de ses enfants. Elle n’est pas la première à avoir pris cette dangereuse décision.

A la fin du mois de juin, la princesse Haya de Jordanie, 45 ans, fille du roi Hussein et de la reine Alia, a fui son foyer – aux Emirats Arabes Unis – et son mari – l’émir de Dubaï,Mohammed ben Rachid Al Maktoum, 70 ans, épousé en 2004, devenant ainsi sa sixième épouse.

La raison ? Celle qui a eu deux enfants avec l’émir – Al-Jalila, 11 ans, et Zayed, 7 ans -, est soupçonnée par ce dernier d’avoir entretenu (et d’entretenir encore ?) une romance avec son garde du corps – un dénommé Russell Flowers, ancien fantassin britannique âgé de 36 ans qui a divorcé l’année dernière de sa femme. Il n’en fallait pas plus à Haya pour sentir la menace maritale au-dessus de sa tête. Elle a alors fui les Emirats Arabes Unis pour se réfugier en Angleterreavec ses enfants (et accessoirement environ 36 millions d’euros).

Depuis environ un mois donc, c’est dans sa maison de Kensington Palace Gardens que la princesse Haya (qui a grandi en Angleterre et a étudié dans les meilleures écoles, notamment Oxford, faisant d’elle l’incarnation de la femme musulmane moderne, un pont culturel entre Orient et Occident) attendait impatiemment l’audience qui l’opposait ces 30 et 31 juillet à son mari concernantla garde de leurs enfants. Un premier procès dans lequel la princesse est représentée par Fiona Shackleton, alors que l’émir de Dubaï est défendu par Helen Ward, et durant lequel Haya a demandé à être placée sous « protection contre un mariage forcé », ainsi que sous « protection contre des brutalités », tout en réclamant la garde de leurs deux enfants (Jalila et Zayed). Mais la monarque n’est pas la première à avoir fui le régime de cette région – véritable poudrière – et son mari.
Avant Haya de Jordanie, d’autres avaient déjà fui

A Dubaï, les princesses à avoir tenté de fuir l’ordre établi sont nombreuses. En effet, comme le rappelle le site du magazine Challenges, aux Emirats Arabes Unis – pays stratégique de la région du Golfe -, ces histoires de « princesses émancipées » n’ont eu de cesse de faire parler ces derniers mois, agaçant fortement dans les plus hautes sphères les dirigeants du pays et son ultra-protectionnisme familial. Très attaché à l’image qu’il renvoie hors de ses frontières, cet état du Golfe veut garder l’attraction de ce grand centre financier international qu’il est et ce paradis du luxe pour les touristes. Alors inutile de dire que la médiatisation de ces « affaires » est clairement mal venue.

En 2000 déjà, la princesse Shamsa, l’une des filles de l’émir de Dubaï (déjà), avait tenté de fuir alors qu’elle n’avait que 18 ans à l’époque. Elle passait des vacances en Angleterre et avait décidé que c’était le bon moment pour disparaître. Retrouvée après deux mois de fuite, voilà des années qu’elle est emprisonnée à Dubaï, comme l’avait confié sa sœur Latifa il y a quelques mois : « Elle n’a aucune liberté (…) Elle est entourée d’infirmières et elle doit prendre des médicaments qui contrôlent ses pensées. »

Dernier exemple en date avant la fuite de la princesse Haya ? L’année dernière, Latifa Al Maktoum, justement, 32 ans, une autre des filles de l’émir (encore ; eue avec une autre femme) avait fugué (pour la deuxième fois) aidée par l’une de ses amis (une Finlandaise nommée Tiina Jauhiainen), avant que les deux jeunes femmes ne soient retrouvées quelques jours plus tard sur un bateau navigant sur les eaux territoriales indiennes. Dans la foulée, l’émir les avait fait emprisonner et torturer (ce qui avait déjà été le cas pendant trois ans pour Latifa après sa première tentative) avant de relâcher et d’expulser l’amie finlandaise. À ce jour, Latifa Al Maktoum- toujours détenue – n’est pas réapparue vivante depuis décembre 2018.

C’est donc dans la peur que la princesse Haya attend aujourd’hui le délibéré de la cour de Londres concernant la garde de ses enfants, mais aussi le futur procès de divorce qui devrait se tenir dans les mois à venir dans la capitale britannique.