France : Un objet de Léopold Sédar Senghor proposé aux enchères ce samedi à Caen

Un tableau de l’artiste français Pierre Soulages ayant appartenu au poète et ancien président du Sénégal Léopold Sédar Senghor va être mis en vente samedi à Caen dans l’ouest de la France, selon l’organisateur Caen Enchères. Cette huile sur toile abstraite constituée de larges traits noirs faisant penser à une sorte de totem asymétrique est estimée « de 800 000 à un million d’euros », précise l’hôtel des ventes.

L’œuvre en question

L’œuvre intitulée « Peinture 81 x 60 cm, 3 décembre 1956 » a été acquise par Léopold Sédar Senghor peu de temps après sa réalisation par « son ami » Pierre Soulages, relate Caen Enchères, cité par l’AFP. Elle se trouvait dans la maison des Senghor à Verson, près de Caen, où le couple a vécu à partir des années 1980. L’œuvre est caractéristique du travail du peintre dans les années 1950, avant qu’il ne passe à l’outrenoir, cet univers imaginé par Soulages en 1979 lorsqu’il a pris le virage du noir complet. En 2019, un Soulages a atteint 9,6 millions d’euros (frais compris) aux enchères à Paris.

L’admiration du poète Senghor pour le peintre Soulages

L’ancien président sénégalais était un fervent admirateur du peintre aujourd’hui âgé de 101 ans. « La première fois que je vis un tableau de Pierre Soulages, ce fut un choc. Je reçus au creux de l’estomac un coup qui me fit vaciller, comme le boxeur touché qui soudain s’abîme », écrit le premier Africain devenu académicien dans Lettres nouvelles (1958). « Les peintures de Soulages me rappellent toujours les peintures, voire les sculptures négro-africaines », ajoute le chantre de la négritude. Outre ce tableau, Léopold Sédar Senghor possédait également « un petit croquis » du peintre où il avait écrit « Amitiés Pierre Soulages », selon Me Solène Lainé, commissaire-priseur.

Un cadeau de Colette Senghor à sa sœur

Pour revenir à l’œuvre proposée aux enchères ce samedi, son actuelle propriétaire, qui souhaite rester anonyme, est une amie de la sœur de l’épouse du poète décédé en 2001. Disparue en 2019, Colette Senghor avait légué le tableau à sa sœur décédée en 2020.