[ Focus] Choix De La Date Et Du Mois De Mariage : Les Clichés Tombent… Sans Malédiction

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Mariage focus sur le choix, la date
Les idées reçues sont déconstruites sous l’effet du rouleau de la modernité et des nouvelles réalités socioculturelles. Le choix de la date et du mois de mariage obéit à la convenance des conjoints, de la disponibilité des parents et des amis du couple. Dans le passé, les croyances socioculturelles déterminaient le choix du jour du mariage. Aujourd’hui, les noces sont célébrées sans crainte d’une malédiction. 

Le mariage est un fait de société. Elle se matérialise par l’union pour la vie entre  un homme et une femme. L’acté sacré est régi à la fois par des lois et des religions. Au Sénégal, et dans beaucoup de pays d’Afrique, on est obligé de célébrer le mariage religieux et le mariage civil. Tout paraît s’inscrire dans l’ordre normal des choses mais rien n’est facile. Les candidats se posent des questions ? Est-ce qu’il faut célébrer d’abord le mariage civil et finir par celui qualifié de religieux ? Ce sont autant de questions que les candidats se posent. Les deux conjoints doivent décider en tenant compte d’autres paramètres. Sous nos cieux, le mariage est loin d’être une affaire de deux conjoints. Le déterminisme social  est prépondérant. 

La preuve, si la tendance, c’est de fêter cette union, le week-end, d’autres sont tenus d’enterrer leur vie de célibat, le jeudi. Ce choix de ce jour n’obéit pas seulement aux principes de la religion. D’autres clichés sont pris en considération. La nouvelle mariée, Khadija Bâ en sait quelque chose. La date de son mariage a été choisie de commun accord entre ses parents et son oncle.  Pour elle, la date du mariage ne dépend que des circonstances. « Les choses se sont si vite passées. La date a été choisie par mon père, mon oncle et la sœur de mon père. En fait, ma belle-famille était tout juste venue demander ma main et mes parents ont trouvé un consensus avec les mandataires », raconte Khadija Bâ. Le désir d’épouser Khadija Bâ a été officiellement exprimé le 1er septembre, l’union a été scellée, le 19 septembre 2022.  

La mode, pour ceux qui veulent célébrer leur mariage en grande pompe, optent pour les samedis et dimanches. 
 Le choix de la date sous le prisme de la tradition
 Dans le passé, des jours de mariage sont connus. Et aucun couple ne pouvait et n’osait enfreindre cette disposition orale. Aujourd’hui, certains le célèbrent n’importe quel jour et le mois de  leur convenance. La conséquence, il n’est pas rare de voir plusieurs mariages le même jour à la mairie ou dans le même quartier. Les croyances fortes d’alors cèdent sous le rouleau compresseur de la modernité.  « Nous ne sommes plus à cette époque où certains jours et dates étaient choisis pour un mariage. Les gens ne suivent plus la tradition », regrette mère Coumba Ndiaye.

Jadis, des dates et des jours n’étaient pas recommandés. Le nouvel effet de mode, c’est la course à la célébration durant le « Barakhlou », le mois qui précède le ramadan, pour ne pas dire les derniers jours avant le début du mois béni. Si dans ce passé récent, le vendredi était la date favorite, aujourd’hui, tout est calé sur les convenances et la disponibilité des parents et des amis. « Actuellement, des gens se sont mariés pendant le « Barakhlou » c’est-à-dire le mois qui précède le ramadan alors qu’auparavant cela était banni. Il en de même aussi pour les jours car, c’est le vendredi qui était choisi mais tel n’est plus le cas. Loin d’être un effet de mode selon elle ; cela pourrait permettre aux gens d’assister à ce mariage », a-t-elle constaté. 

 « Barakhlou », pas un meilleur moment
L’eau a coulé sous les ponts. Auparavant, le mot « Barakhlou » (mois qui précède le ramadan) avait une connotation négative pour le mariage. L’explication a été donnée par mère Coumba Ndiaye. Les couples qui célébraient leur union durant cette période s’exposent à des mauvais sorts. 

 « Il était formellement interdit de se marier durant cette période. Cela était considéré comme une malédiction. On estimait ce mois passait vite et par ricochet le mariage ne pouvait que durer le temps d’une rose », rapporte le témoin Coumba Ndiaye. Elle précise, à ce propos, que ceci n’est qu’une simple interprétation que l’on se faisait avant parce que, ce n’est ni écrit dans le coran, ni dans le texte. « Ce n’est pas une obligation mais plutôt des interprétations qu’avaient l’habitude de soulever nos grands-mères », a-t-elle cautionné.

 Que dit l’Islam sur la date de mariage ?
A côté de ses interprétations, l’Islam n’encadre pas le choix du jour de se marier si l’on se fie à l’imam, Mouhamed Lamine Diop, interrogé par Seneweb. 

Dans un entretien accordé à Seneweb, il est revenu sur une certaine confusion que les gens ont l’habitude de faire entre ce qui est écrit dans le Coran et ce qui peut être considéré comme de l’interprétation. Il précise que les jeudis et les vendredis peuvent être choisis comme le reste des jours de la semaine. 

« Certes, il n’y a pas de jour qui n’est pas bon. Les jours se valent. Le Prophète (PSL) disait qu’on doit sceller le mariage vendredi, d’autres disent jeudi mais cela ne figure sur aucun Hadith du Prophète (PSL). Donc tous les jours sont bons. Il n’y a ni précision, ni obligation de se marier le jour de son choix. Par exemple, le vendredi, c’est un jour béni. Il n’a pas de texte authentique mais le Prophète( PSL) disant « Jant fénkoul thi biss bi gueune thi aldiouma », a interprété le religieux. Du reste, il fait savoir que le vendredi est le plus beau des jours. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il est proscrit d’entrer dans une nouvelle vie les autres jours.  
La deuxième justification serait que le Prophète (PSL) avait l’habitude de jeûner le lundi et le jeudi.   
La consultation, la seule constance 
La constance qui est recommandée, c’est la consultation avant toute prise d’une décision.  Le Messager d’Allah (saws), rapporte, l’iman, nous enseignait, la consultation dans toutes les décisions à prendre.  « Lorsque, l’un décide de faire quelque chose qu’il fasse deux rak’at autres que les prières obligatoires, puis qu’ils disent : » « Ô Seigneur ! Je te consulte de par ta connaissance et je t’implore  de m’accorder le pouvoir de ton pouvoir et je te demande de par ton immense générosité. Car tu es certes capable et je suis incapable, tu sais tout tandis que moi je ne sais pas, et c’est toi le Grand connaisseur de tout ce qui est inconnu. O Seigneur ! Si tu sais que cette chose (et il nomme clairement la chose en question) est une source de bien pour moi dans ma religion, dans ma vie présente et dans ma vie future(ou il dit : ici-bas et dans l’au-delà) destine-la-moi et facilite-la-moi puis bénis-la-moi. Et si tu sais que cette chose est pour moi une source de mal dans ma religion, dans ma vie présente et dans ma vie future(ou il dit : ici-bas et dans l’au-delà) détourne-la moi et détourne-moi d’elle et prédestine-moi le bien là où il se trouve puis rends-moi satisfait de cette décision ».

Telle est la prière de la consultation dite Al Istikar recommandée par Dieu et que le musulman devra formuler s’il doit prendre une décision importante. Selon l’imam, il s’agit de deux rakkas valables à n’importe quelle heure et que le musulman doit pratiquer pour consulter Allah Soubhannahou wa talla, le Tout-puissant afin de lui guider vers le droit chemin. A ne pas confondre bien sûr avec le ‘’listikhar’’ qui techniquement est de la voyance que les marabouts ont l’habitude de faire. D’après lui, tout musulman doit être en mesure de faire son propre ‘’Al Istikhar’’ au lieu d’aller voir un marabout. « Parce que la personne  qui décide d’aller voir quelqu’un,  cela signifie qu’il n’est pas en droite ligne à la recommandation du Messager d’Allah.
 3 jours d’absence autorisés 

L’administration et les entreprises n’ont pas le droit d’interférer dans le choix de la date des noces de l’employé ou de l’employée. Bien au contraire. Elles doivent accorder à ce dernier ou à cette dernière, trois jours d’absence sans compter le week-end au cas où l’union est célébrée, le samedi et le dimanche. Autrement dit, l’entreprise a le droit d’accorder à la mariée ou le marié, à trois jours chômés et payés pour les préparatifs de son mariage. De l’avis d’un directeur des ressources humaines, sous couvert de l’anonymat, dans une structure de la place, cela veut dire qu’une personne qui se marie est libre de célébrer son mariage n’importe quel jour.

Cette autorisation est accordée sous présentation d’une justification. Dans le cas contraire, la Direction de l’entreprise ou l’administration a le droit de faire une ponction sur son salaire. En outre,  il y a aussi le mariage civil. Dans ce cas, le salarié  ou le salarié a le droit de demander la permission d’aller à la mairie et si tel est le cas, l’employeur devra signifier qu’il a un rendez-vous.