Finale Sénégal-Algérie : La lettre de Tanor aux Lions

Chers Lions,

Je vous écris depuis le paradis. Ici, il fait beau, le temps est doux. J’ai plus de chance que vous. En effet, j’ai appris que pour la journée du vendredi 19 juillet, il fera entre 31 et 39 degrés au Caire. Qu’à l’heure du coup d’envoi de votre finale contre l’Algérie (19h Gmt), la température oscillera entre 37 et 38 degrés.

Excusez cette digression sur la météo, je sais que votre temps est précieux. Alors, allons droit au but !

Je vous écris pour vous transmettre mon soutien. N’eut été la convocation du Seigneur, qui m’a appelé à ses côtés lundi 15 juillet, j’aurais été probablement dans les tribunes du stade international du Caire, ce soir, pour vous pousser à monter sur la plus haute marche du podium du football continental.

Mais vous ne serez pas seuls. Vous aurez dans les gradins quelques centaines de fans acquis à votre cause.

Le Président Macky Sall, un amoureux du foot que peu de gens soupçonnent, était annoncé. J’ai appris qu’il a finalement renoncé au déplacement à cause de mon Voyage. Mais s’il m’avait demandé mon avis avant de rendre publique sa décision, je lui aurais demandé d’y aller. Il vous aurait sûrement porté chance, comme il l’avait fait lors de votre premier match du Mondial 2018 (Sénégal-Pologne : 2-1).

Certes nous ne serons pas majoritaires dans les travées. La distance et probablement le niveau de revenu des Algériens (quatre fois supérieur à celui des Sénégalais, selon la Banque mondiale) ne nous avantagent pas. Mais nous formerons avec vous un bloc compact audible. Je jouerai ma partition d’ici.

Nos corps feront corps avec vos corps. Nos cœurs feront chœur avec vos cœurs pour chanter « Le Lion rouge a rugi… », alors que le drapeau national flottera très haut au-dessus des pyramides.

J’aurais pu passer par WhatsApp et vous faire une vidéo ou un audio, mais j’ai préféré prendre ma plume pour des raisons que beaucoup de Sénégalais devinent depuis mon grand Départ.

Je ne suis pas réfractaire aux nouvelles technologies. Et je ne suis pas adepte de la vile coquetterie. Mais lorsque l’on a été à l’école de Léopold Senghor, embauché très jeune à ses côtés parce que l’on serait un conseiller « qui sache écrire », on est forcément à l’aise davantage à l’écrit qu’à l’oral. Passons.

Je suis un fan de foot. Ceux qui ont l’habitude de fréquenter le stade Léopold Senghor, pour suivre vos exploits et ceux de vos aînés, le savent. Je ne manquais jamais un match des Lions à domicile.

Pour autant, je ne me permettrais pas de vous dire comment jouer. Vous êtes suffisamment compétents pour le savoir. Et vous avez un coach qui connaît bien son métier et, pour avoir été à votre place il y a dix-sept ans, connaît le vôtre.

Je partagerais simplement avec vous quelques valeurs qui m’ont permis de traverser la vie avec honneur et dignité, accroché à mes convictions.

La première c’est la combativité. Lorsque nous avons perdu le pouvoir en 2000, cette ressource m’a permis de tenir le navire Ps qui tanguait au milieu d’un océan agité, au milieu de requins féroces et sous une tempête foudroyante.

La deuxième c’est le respect à l’adversaire. En toute circonstance n’oubliez pas ce que Bill Shankly, ancien coach de Liverpool, disait : « Le football n’est pas une question de vie ou de mort, c’est quelque chose de bien plus important que cela. » Sadio Mané doit connaître cet aphorisme.

Demain, samedi 20 juillet, le soleil va se lever. La roue de l’existence continuera de tourner. Essayez de remporter le match, mais cherchez en même temps à gagner l’estime de vos adversaires et du reste du monde. La victoire n’en sera que plus éclatante.

Troisième et quatrième valeurs cardinales : ayez de la tenue et de la retenue. Dans la victoire comme dans la défaite. Elles vous mettent à l’abri des regrets et du ridicule, le jour d’après.

Le temps est venu pour moi de prendre congé. Je vous souhaite bonne chance. Faites-nous rêver ! Vous en avez les moyens.

Ousmane Tanor DIENG,

Fan des Lions

PS : CECI EST UNE FICTION.