Exploitation des ressources pétrolières : Le Sénégal comparé à la Bolivie

Dans son ouvrage « Pétrole et Gaz, Chronique d’une spoliation », Ousmane Sonko compare l’exemple très réaliste de la Bolivie au Sénégal en ce qui concerne les contrats de recherche et de partage de production(CRPP) d’avec les multinationales.
Justifier de la justesse du livre d’Ousmane Sonko portant sur les ressources naturelles du Sénégal devient au final de la tautologie. Et au moment où l’Etat du Sénégal qui s’est engagé dans un engrenage pétrolier sans précédent estime avoir paraphé des contrats pétroliers judicieux pour l’avenir économique du pays, pour des raisons éminemment politiciennes; d’autres pays qui étaient mitoyens au cas du Sénégal ont vite fait de limiter les dégâts collatéraux que leur ont inculqués les multinationales. C’est le cas de la Bolivie qui pourtant détient les plus importantes réserves de gaz d’Amérique latine et des réserves de pétrole équivalents à celles de l’Arabie Saoudite, d’après l’ouvrage de Sonko. En effet quand le Président Evo Morales a hérité du pouvoir Bolivien, il a automatiquement entrepris un vaste et profond mouvement de nationalisation des ressources naturelles de son pays en collaboration avec la Venezuela, l’Algérie et la Norvège. Et les conséquences de ce revirement nationaliste furent porteuses pour son pays. 82% du prix de vente du pétrole produit reviennent à l’Etat Bolivien contre 18% au contractant. La part des revenus pétroliers et gaziers dans le PIB passe de 2,8% en 2003 à 11,2% en 2007.En effet, ces éléments de comparaison entre la Bolivie et le Sénégal démontrent à suffisance qu’il y a toujours possibilité de remettre en cause des contrats pétroliers dûment approuvés afin d’éviter un désastre à l’avenir d’avec les multinationales. C’est ce que Sonko a tenté de démontrer dans son ouvrage portant sur le pétrole.