Expert aéronautique : « L’âge d’un avion ne se calcule pas en termes d’années »

Un avion peut avoir 40 à 50 ans. La Pointe Sarène est donc loin d’être un vieil appareil. La précision est de l’expert aéronautique Al Hassan Hann qui rappelle que l’ancien avion a été utilisé par 3 Présidents.

Depuis la sortie d’hier de Seydou Guèye sur Seneweb pour dire que la pointe Sarène a presque 20 ans, un débat s’est posé sur l’avion présidentiel. Certains accusent même le pouvoir à préparer l’opinion à l’achat d’un nouvel appareil.

Seneweb a saisi l’occasion pour s’intéresser au cycle de vie d’un avion. Expert aéronautique, Al Hassan Hann précise d’emblée que « l’âge d’un avion ne se calcule pas en termes d’années ». « Un avion, c’est d’abord des heures d’exploitations et de ses cycles de fonctionnements et de révisions », ajoute-t-il.

M. Hann déclare qu’un avion, c’est avant tout la cellule, l’ossature et le revêtement, viennent ensuite les éléments rapportés comme le moteur, le train d’atterrissage et autres. Et lorsqu’on parle de révision, souligne-t-il, c’est essentiellement la cellule. « Tant que cette cellule est jugée apte à prendre les airs, l’avion peut voler. Il peut avoir 30, 40 et même 50 ans et être en très bon état. Tout dépend de la certification des ateliers de révision ».

En effet, c’est dans ces ateliers que le matériel de l’appareil est scruté de fond en comble pour certifier de sa fiabilité avant de lui donner l’autorisation de prendre les airs.

S’agissant de l’avion présidentiel, Hann rappelle qu’il a été d’abord un avion de commandement de l’armée française, avant d’atterrir au Sénégal. A 20 ans, dit-il, c’est un avion qui peut encore voler. En plus, ce n’est pas un appareil surexploité, puisqu’un avion présidentiel ne vole pas de façon régulière, contrairement aux avions commerciaux presque toujours dans les airs. « Tout dépend de la maintenance appliquée et de la régularité des révisions effectuées, et si l’avion n’a pas connu d’incident majeur ».

« La pointe de Sangomar a été utilisée par Senghor, Diouf et Wade »

Outre l’exploitation et les révisions, il y a aussi le stockage de l’appareil, c’est-à-dire si l’avion est, en plein air, exposé au soleil, au vent et à l’humidité ou pas. « Cet avion présidentiel a un hangar, il est suivi par des ateliers spécialisés de Airbus. Il peut y avoir un problème sur un système de l’appareil qui peut justifier son immobilisation. Sinon, le problème ne se pose pas, puisque ce sont des experts qui vont attester de la navigabilité de cet appareil », tempère-t-il.

Si l’on en croit l’expert aéronautique, un avion est un élément à potentiel. Autrement dit, après révision, on donne à l’appareil un certains nombre d’heures ou d’années de fonctionnement, sous forme de potentiel. Une fois le potentiel épuisé, il doit retourner à l’atelier pour une nouvelle révision.

Ce suivi lui permet d’avoir près de 50 ans. « La pointe de Sangomar a été utilisée par Senghor d’abord, puis Diouf et enfin Wade avant qu’il ne le change. Et cet avion est toujours sur pied. C’est vrai qu’il ne fonctionne pas normalement, mais il est toujours vivant. Il a quel âge ? Presque le double de la Pointe Sarène », relève-t-il.