Elections locales : La caution divise les acteurs

Le montant de la caution pour les élections locales divise les acteurs politiques. Si le pouvoir soutient que le montant fixé pour les communes et les départements est raisonnable, par contre, des membres de l’opposition pensent que c’est une façon d’écarter des candidats. « C’est raisonnable ! Dans la mesure où si c’est 10 millions de FCFA pour participer aux élections locales dans tout le pays, pour les grands partis comme Benno Bokk Yaakaar (Bby) et les grandes coalitions qui veulent participer dans les 500 communes.

Mais si c’est une caution pour participer à deux ou trois localités, je crois que c’est un peu cher. Et la plupart des candidats n’ont pas une représentativité pour se faire représenter dans toutes les communes et les 45 départements. A ce niveau, je crois qu’il y a quelque chose à faire pour que tout le monde puisse y participer », a déclaré le secrétaire général adjoint de l’Union du renouveau démocratique (Urd), Omar Seck, sur Iradio.

Un avis que le responsable de la coalition Madické2019, Mor Sylla, ne partage pas. « J’ai vu ça avec beaucoup de surprise et d’étonnement. Parce que fixer la caution à 10 millions de F CFA par commune, sans parler des départements, c’est trop. Imaginez une formation qui veut participer à ces élections-là dans les 557 communes. Même sur les 100 communes, c’est un milliard de caution.

Donc, franchement, je comprends que les gens veuillent un peu rationaliser par rapport aux listes qu’on a connues dans le passé. Mais, là c’est vraiment exagéré ». Ainsi, Oumar Seck n’exclut pas un appel à contribution des populations pour une meilleure gestion des territoires. «A mon avis, ce n’est pas les partis qui doivent donner la caution.

Les citoyens qui veulent représenter leur localité doivent accepter pour une fois au moins de mouiller le maillot et de sortir de l’argent de leurs poches pour verser leur propre caution », dit-il. Plus explicite, il renseigne : «La commune de Médina Foulbé qui a certainement moins de 50 conseillers. Si chaque conseiller donne 10 000 F pour représenter la commune, pendant 5 ans, ça fait 500 000 F.

Mais si c’est les chefs de parti ou de coalition qui sortent l’argent, cela devient difficile. Mais qui finance commande. Les élus n’auront jamais la liberté de faire ou de dire tout ce qu’ils veulent. C’est ça le drame dans ce pays. Les gens veulent faire de la politique, mais ils attendent tout des états-majors ».

Pour Mor Sylla, «ça ne semble pas aller dans le sens d’un consensus. Les élections communales et départementales sont l’affaire des gens de la commune. Donc, il ne faut pas dire qu’il faut forcément qu’ils aient de l’argent ou de grands mécènes pour pouvoir participer à la gestion de leur cité. Ça me semble vraiment incongru ».