Eau : Guy M. Sagna vous dit pourquoi la Sde vaut mieux que Suez

Le Front Social Sénégalais et le FRAPP ont tenu ce matin une conférence de presse sur le processus d’appel d’offres international pour le contrat d’affermage de l’eau au Sénégal. A cette occasion, Guy Marius Sagne, membre du FRAPP et président de séance du jour, est largement revenu sur leur opposition à l’attribution de la gestion de l’eau au Sénégal à Suez, entreprise française.

A cette occasion, prenant la parole, Monsieur Sagna a clairement dit ce pourquoi l’Etat du Sénégal doit donner à la Sde la gestion des eaux et non à la Suez qui n’a pas présenter un contrat alléchant.

« Les offres financières ont été  remises le 1er Juin 2018 par les trois candidats retenus. Cette étape est considérée comme la plus importante au moment où le Sénégal veut aller vers une réduction des tarifs de l’eau au M3, pour les consommateurs ;ainsi, la procédure d’appel d’offres prévoit de retenir au final, le « moins disant » financier.

Mais, retenons que le 10 juin 2018, dans une émission bien suivie, et où il était l’invité dans une radio de la place, (RFM), le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Monsieur Mansour Faye, a rendu public les tarifs qui étaient proposés par les candidats et a affirmé que la SDE a proposé le prix exploitant le plus bas,( 285,9 FCFA) le mètre cube ; suivi de Suez ;(298,5 FCFA) le mètre cube, et Veolia 366,3FCFA /m3″, a indiqué Guy Marius Sagna.

Ecoutez !

Cette différence de prix entre Suez, et SDE, représente un manque à gagner pour le Sénégal, d’au moins 50 milliards de FCA sur la période du contrat d’affermage de 15ans, si toutes fois, c’est SUEZ qui gagne le marché !!

L’adjudication provisoire accordée à SUEZ le 22 octobre 2018, par le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement est donc contraire au Cahier des charges de l’appel d’offres, et pénalise les intérêts du Sénégal.

Des anomalies notées dans l’attribution des contrats

1ER Anomalie

dans ce dossier ; c’est bien le fait d’accepter qu’une société moins disante ( moins chère) soit éliminée au profit d’une autre qui propose des tarifs plus chers .
Quel est le sénégalais moyen qui peut brancher sa maison au réseau de l’eau à 231.000 f, comme le propose SUEZ à qui le contrat a été promis et en train de lui être offert sur plateau d’or, émaillé de corruption et de nombreuses anomalies ?

2eme Anomalie

; c’est le conflit d’intérêt manifeste et visible à l’œil nu car SUEZ à qui on attribue le contrat, est aussi attributaire du marché de la construction du KMS3( KER MOMAR SARR3) qui est l’ouvrage le plus important en ce moment pour satisfaire les besoins des populations de Dakar et environs en eau potable.

Par avis d’attribution définitive de marché, le même Ministère de l’hydraulique a indiqué que le Projet de construction d’une 3eme usine de traitement d’eau à KMS et ses renforcement en aval, sous financement de l’AFD et de la BEI( banque européenne d’investissement), est attribué au Groupement SUEZ INTERNATIONAL /CDE, pour un montant de 40.187.687.324 FCFA, pour une durée de 24 mois.

A noter que là, le groupe SUEZ est en retard dans les travaux et n’aura donc pas respecté le contrat. Il faut rappeler dans les textes réglementaires de l’ARMP et du document d’appel d’Offre, il est bien dit à l’article 9, Réalisation des travaux: Le Concessionnaire s’engage à mettre à la disposition du Fermier les capacités de production suffisantes pour satisfaire les prévisions de production figurant à l’annexe 7 du Contrat d’affermage. Après attribution d’un marché, décidée par le Concessionnaire , ce dernier assure en collaboration avec le Fermier le suivi, le contrôle et la réception des travaux pour veiller au respect des normes techniques.

Toutefois, les Parties conviennent que le Fermier ou toute autre entreprise affiliée au Fermier ne peut participer aux appels d’offres lancés pour les ouvrages visés ci- dessus.
Voila un flagrant délit de Conflit d’intérêt sur lequel les responsables du Ministère de l’hydraulique et leurs complices.
Nous sommes au courant de toutes les pressions qui sont faites sur les responsables de la Commission, et même sur les structures de régulation et de justice.

3EME Anomalie

dans le contrat, il s’agit des soupçons de corruption avec des dons entre SUEZ et une autorité du Ministère qui gère l’appel d’offres. Des dons de camions bennes tasseuses offerts au Ministre de lui -même, et dont la presse internationale et nationale a largement fait écho.

Ces dons ont été réceptionnés en 2016, la même année que l’appel a été lancé. Et quelque soit la valeur ou le montant, toute amabilité entre un soumissionnaire et une institution qui lance et porte un Appel d’offres international, est jugée suspecte et non conforme aux valeurs de transparence et d’équité. Ces dons, ne sont pas une simple générosité, mais plutôt un don bien ciblé

4EME ANOMALIE

; c’est bien la longueur ou durée de cet appel d’offre, plus de deux ans, avec des refus de validation par deux fois, par l’ARMP, qui a retourné deux fois de suite le dossier à la Commission qui a bizarrement eu pendant tout ce temps, comme porte parole le ministre lui, a toujours
pris la parole pour défendre la promesse faite à SUEZ de gagner le contrat.

Jusqu’à la période de transition gouvernementale après les élections de février 2019, où les Cabinets ministériels ne pouvaient et ne devaient plus prendre de décisions engageant notre Etat, lui le Ministre a tout fait pour faire valider le contrat de SUEZ avant de quitter le Département de l’hydraulique.

Ainsi, par sa décision du 7 Novembre 2018,le Comité de règlement des différends de l’Agence de Régulation des Marchés Publics, (ARMP), a déclaré recevable ce recours contentieux déposé par la SDE. En conséquence de quoi, le Comité de Règlement des différends a suspendu l’attribution provisoire au Groupe Suez. Parallèlement, dans le cadre d’un Avenant, le contrat d’affermage qui arrivait à son terme le 31 décembre 2018, a été prolongé jusqu’au 30 juin avec la SDE.

Dans sa décision du 6 Mars 2019, le CRD, (Comité de Règlement des Différends de l’ARMP, ordonne l’annulation de l’attribution provisoire, et la reprise de l’évaluation des offres financières par le MHA, au motif que dans la première attribution provisoire, l’évaluation de l’offre financière de la SDE, n’avait pas été selon des critères prévus dans le document d’appel d’offres.

Rien que ces 4 anomalies, montrent que cet Appel d’offres a été un scandale d’Etat sans doute plus grave que ce qui s’est passé dans le pétrole et le gaz.
Et cela montre aussi que c’est du MAA TEY, et c ‘est du Coumba Am Njatigué ak Coimba Amul Njatigué…

(Revoir vidéo en haut)