Pas d’interdiction du dioxyde de titane pour le moment

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Alors que plusieurs associations avaient récemment demandé le retrait du controversé dioxyde de titane, colorant utilisé dans l’agroalimentaire sous la dénomination E171, le ministre de l’Economie attend “une évaluation plus poussée” pour ce faire.

Connaissez-vous le dioxyde de titane ? Ce colorant très utilisé dans l’industrie agro-alimentaire est notamment présent dans les bonbons préférés de nos enfants (sur les étiquettes, il se cache derrière le code « E171 ») ainsi que dans certains médicaments (le Doliprane, l’Advil ou le Spasfon, par exemple) ou encore dans certains plats industriels (sauces, conserves, épices…). Son intérêt est purement esthétique : il sert à donner une belle couleur au produit.
Cancérogène et dangereux pour le système immunitaire de la souris

Problème : selon une étude publiée par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) en août 2017 et menée sur des souris, le dioxyde de titane serait non seulement cancérogène, mais aussi dangereux pour le système immunitaire… Pire : parce qu’elles sont microscopiques, les nanoparticules de dioxyde de titane se retrouvent facilement dans nos poumons, dans nos intestins ou encore dans notre foie.

Alors qu’au mois de mai 2018, la secrétaire d’État au Développement durable, Brune Poirson avait annoncé dans Le Parisien : « Nous souhaitons suspendre avant la fin de l’année l’utilisation de cette substance comme additif alimentaire en France. La France a d’ores et déjà saisi la Commission européenne afin de demander aussi des mesures à ce niveau, dès lors que le dioxyde de titane est susceptible de constituer un risque sérieux pour la santé humaine. »
Pas de retrait dans l’immédiat

Fin décembre 2018, un collectif d’associations avait publié une tribune dans le journal Le Monde exhortant le ministre de l’Economie, Bruno Lemaire, à signer un arrêté pour confirmer l’interdiction. Il leur a répondu dans l’émission de télévision “C a vous” (voir le replay – à partir de 40′), sur France 5, mardi 8 janvier. Interrogé sur la question il a réfuté l’idée d’un retrait immédiat. Soulignant d’abord que l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) était arrivée à des conclusions différentes de celles de l’Inra (lire les conclusions de l’Anses sur la toxicité du dioxyde de titane), il a déclaré avoir demandé à l’Anses d’accélérer les travaux en cours : “pour la prochaine rentrée, nous devons avoir une nouvelle évaluation des risques de santé liés au dioxyde de titane. (…) Et si cette évaluation conclut qu’effectivement il y a un risque sanitaire, je serai le premier à signer l’arrêté”.

Quid du principe de précaution ? Selon le ministre, “dans le doute, c’est aux industriels de s’abstenir”. Effectivement, certains d’entre eux n’ont pas attendu de décision officielle pour supprimer le colorant controversé : depuis 2017, les marques françaises Lutti et Carambar & Cie ont déjà supprimé le colorant E171 des bonbons Arlequins et des chewing-gums Malabars.

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