Covid-19 : le test salivaire EsayCov est plus rapide et moins contraignant

Un nouveau type de test rapide du Covid-19, via dépistage salivaire, développé par des chercheurs du CNRS est disponible. Comment ça marche ?

Depuis la sortie de confinement, des tests de dépistage nasopharyngés sont proposés aux Français en cas de symptômes.
Sur le même sujet
Quels traitements contre le coronavirus ?
Traitement du coronavirus (Covid-19) : l’espoir des immuno-modulateurs

Mais ces tests qui se pratiquent en insérant un long coton-tige dans le nez du patient sont peu agréables. En outre, il existe un risque de contamination du professionnel de santé qui effectue le test : lors du prélèvement par écouvillon, il y a souvent une réaction réflexe de rejet, où la personne testée tousse ou éternue et peut projeter des postillons. Alors, l’arrivée de tests rapides salivaires est très attendue.

Une étude clinique a été lancée le 11 avril par le CNRS afin de vérifier l’efficacité d’un test salivaire nommé EasyCov. Ce test est proposé par un consortium français au sein du laboratoire Sys2Diag, qui associe la société de biotechnologie SkillCell, la société Alcediag et les chercheurs CNRS du CHU de Montpellier, sous la houlette du biologiste Franck Molina.

Le test a été développé en trois moins seulement ! La clé du succès ? Franck Molina en est convaincu, c’est le partenariat public-privé dont il a bénéficié : « pour développer et industrialiser un test en trois mois à peine, il ne suffit pas d’inventer quelque chose dans un labo, il faut y associer rapidement les volets clinique et industriel. Quand on a les trois ensemble, on va vite et on y arrive ! », explique-t-il ce 15 juin dans le journal du CNRS.
Comment fonctionne le test salivaire ?

Le principe est le même que pour une PCR classique. Après prélèvement de salive (l’un des principaux vecteurs du virus), l’échantillon est placé dans un tube avec des réactifs chauffés à 65°C. Le site du CNRS explique son fonctionnement : « Il suffit de prélever de la salive, l’un des principaux vecteurs du virus, et de la placer avec les réactifs à 65°C pendant 30 minutes. Le personnel soignant peut alors lire le résultat à l’œil nu. A la différence de la méthode de test de référence qui demande plusieurs heures de traitement en laboratoire et nécessite des équipements et réactifs importants. »

Le test permet de diagnostiquer sur le terrain et (presque) instantanément les patients atteints du Covid-19.
Le test salivaire est-il fiable ?

Les tests cliniques ont été réalisés entre avril et mai sur 133 patients du CHU de Montpellier. La sensibilité est supérieure à 70% et le nombre de faux positifs est très faible.

Aujourd’hui, 200 000 kits sont produits chaque semaine et commercialisés en France via le groupe de laboratoires de biologie médicale Enovie. EasyCov intéresse déjà les sportifs de haut niveau, et des pays d’Asie et d’Amérique du Sud. « Avec un test de terrain rapide, quatre à cinq fois moins cher que les tests actuels, on peut tester des passagers avant qu’ils n’embarquent dans un avion ou un bateau, par exemple, ou envisager de tester régulièrement les résidents et personnels des Ehpad. » Prochaine étape – qui dépend du cadre que fixeront les autorités de santé – un déploiement chez les médecins de ville ou d’un auto-test à faire chez soi…

Annoncé pour courant juin, il ne serait finalement pas disponible avant juillet.

Lire aussi :

Plaquenil : 4 millions de boîtes vendues, 312 événements indésirables
Qu'est-ce qu'un orage de cytokine ?
Peut-on attraper deux fois le coronavirus ?
Coronavirus et porteurs sains : contagieux même sans symptômes ?
Stop-Covid : à quoi sert l'application prévue pour le déconfinement ?
Vaccin contre le coronavirus : quand sera-t-il disponible ?
Coronavirus : comment se soigner à la maison
Coronavirus ou pas : un questionnaire pour évaluer ses symptômes
Chloroquine : le débat en questions / réponses
Comment faire un masque de protection maison

Inscrivez-vous à la Newsletter Top Santé et recevez gratuitement votre livret de recettes légères et gourmandes