Covid-19 : Inquiétudes en France, doutes sur le vaccin russe…

Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants : le point sur les dernières évolutions de la pandémie de coronavirus en France et dans le monde.
La situation en France
Extension de l’obligation du port du masque à l’extérieur et interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes prolongée jusqu’au 30 octobre : le gouvernement français a durci le ton face à une «situation épidémiologique (qui) évolue dans le mauvais sens».
La Polynésie française, jusqu’ici épargnée par l’épidémie, a connu une hausse soudaine du nombre de cas positifs de Covid-19 en trois jours (43 nouveaux cas). Le virus a été réintroduit par des touristes, mais aussi par des fonctionnaires: chaque année, une partie des enseignants et des gendarmes sont remplacés par de nouveaux arrivants. Selon le bilan quotidien de la direction générale de la Santé (DGS) publié mardi soir, le nombre de malades en réanimation est toujours relativement stable (-5 à 391).
Mais le nombre de cas confirmés de Covid-19 est en hausse : 11.223 nouveaux cas sur une semaine, dont 1.397 dans les dernières 24 heures. Le nombre de nouveaux cas groupés de cette maladie qui a désormais tué 30.354 personnes (+14 par rapport à lundi) est également «en hausse» (28, ce qui porte le total des « clusters » à 879 depuis la fin du confinement, dont 560 clôturés).
Le vaccin russe rend le monde sceptique
La Russie a revendiqué mardi avoir développé le premier vaccin «efficace» contre le coronavirus, mais cette annonce a été jugée au mieux prématurée dans le reste du monde. «Ce matin, pour la première fois au monde, un vaccin contre le nouveau coronavirus a été enregistré», a déclaré le président russe Vladimir Poutine, ajoutant: «Je sais qu’il est assez efficace, qu’il donne une immunité durable». Le président a même affirmé qu’une de ses filles s’était fait inoculer le vaccin, nommé «Spoutnik V» (V comme vaccin), en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite. Le fonds souverain russe impliqué dans le développement du vaccin a affirmé que le début de la production industrielle était prévu en septembre.
Peu après la déclaration du Kremlin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a réagi en appelant à la prudence, rappelant que la «pré-qualification» et l’homologation d’un vaccin passaient par des procédures «rigoureuses».
A Berlin, le ministère allemand de la Santé ne s’est pas embarrassé de précautions oratoires et a émis des doutes sur «la qualité, l’efficacité et la sécurité» du «Spoutnik V». L’expert François Balloux, de l’University College de Londres, a été plus direct encore, qualifiant l’initiative russe de «décision irresponsable et imprudente».
Le point dans le monde
Le virus continue sa progression dans le monde avec plus de 20 millions de cas, dont plus de la moitié en Amérique. La pandémie a fait au moins 736.828 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP mardi soir. Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé (164.480 décès), devant le Brésil (101.752 morts), le Mexique (53.003), le Royaume-Uni (46.526) et l’Inde (45.257).
L’Espagne se trouve dans une situation «critique», selon les experts, avec les pires chiffres de contagion d’Europe occidentale. Madrid a communiqué lundi une moyenne de 4.923 nouveaux cas quotidiens durant les sept derniers jours, soit plus que la France, le Royaume-uni, l’Allemagne et l’Italie réunis, d’après un calcul de l’AFP à partir de sources officielles.