Cour suprême : Donald Trump s’engage à désigner une candidate cette semaine

Le président américain doit annoncer, vendredi ou samedi, le nom d’une candidate à la Cour suprême pour succéder à la défunte Ruth Bader Ginsburg. La bataille politique bat son plein à Washington : les républicains du Sénat souhaitent confirmer la nouvelle juge conservatrice au plus vite, les démocrates crient au scandale.

Donald Trump a annoncé, lundi 21 septembre, qu’il désignerait en fin de semaine une nouvelle juge pour la Cour suprême afin de succéder à Ruth Bader Ginsburg, icône féministe et de la gauche américaine, décédée vendredi dernier à 87 ans des suites d’un cancer. En s’envolant pour l’Ohio, il a réaffirmé qu’il prendrait sa « décision samedi, peut-être vendredi ». Ce qui sonnera le coup de départ du processus de confirmation.

Balayant les cris d’indignation des démocrates, le président a estimé que le Sénat, à majorité républicaine, avait « largement le temps » de confirmer la nomination d’une nouvelle magistrate avant le scrutin du 3 novembre qui l’opposera à Joe Biden. « Je préférerais de loin qu’il y ait un vote avant l’élection », a-t-il souligné.

Donald Trump a indiqué que cinq finalistes figuraient sur sa liste et qu’il s’était entretenu avec des candidates dimanche et lundi. Parmi les favorites figurent Amy Coney Barrett, une catholique de 48 ans, et une magistrate d’origine cubaine née en Floride, et Barbara Lagoa, 52 ans. Cette dernière est « excellente, elle est hispanique, c’est une femme formidable », a-t-il déclaré sur Fox News. « Nous aimons la Floride », a-t-il ajouté à propos de cet État, qui devrait jouer un rôle clé dans le résultat de la présidentielle.

Sujet de campagne majeur

Électrochoc dans cette campagne déjà bouleversée par plusieurs événements historiques, la succession de Ruth Bader Ginsburg, « RBG », au sein du temple du droit américain sera l’un des sujets majeurs de la présidentielle.

L’enjeu est simple : solidement ancrer, ou non, la Cour suprême dans le camp conservateur pour des décennies. Une institution qui tranche, aux États-Unis, les principales questions de société, comme l’avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels.

De quoi galvaniser les électeurs des deux camps. Joe Biden, qui mène dans les sondages, avait placé jusqu’ici au cœur de sa campagne la gestion par Donald Trump de la pandémie de Covid-19 et les quelque 200 000 morts aux États-Unis. Le décès de la magistrate a soudainement rebattu les cartes.

Ayant promis de nommer « une femme très talentueuse », le locataire de la Maison Blanche a précisé vouloir attendre la fin des cérémonies funéraires. La dépouille de Ruth Bader Ginsburg sera exposée à la Cour suprême, mercredi et jeudi, puis au Capitole, vendredi. Elle sera inhumée dans l’intimité la semaine prochaine, au cimetière national d’Arlington, près de Washington.

« Nous avons gagné l’élection »

Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a promis, dès vendredi, que la chambre haute se prononcerait sur un candidat de Donald Trump. Le Sénat votera « cette année », a-t-il martelé sans préciser l’échéance. Sa majorité de 53 contre 47 est fine, et déjà deux sénatrices républicaines modérées ont estimé que le Sénat ne devrait pas se prononcer avant la présidentielle. Tous les regards se tournent donc vers un autre républicain grand critique de Donald Trump, Mitt Romney, qui ne s’est pas encore prononcé.

Mais même sans eux, les républicains disposeraient d’assez de voix, grâce à l’intervention du vice-président, Mike Pence, qui peut départager en cas d’égalité, pour confirmer la remplaçante de « RBG ».

Les démocrates martèlent que Ruth Bader Ginsburg a laissé comme dernière volonté de ne pas être remplacée jusqu’à ce qu’un « nouveau président soit en fonction », selon la radio publique NPR. Donald Trump a balayé ces objections : « C’est sorti de nulle part ». « Au final, nous avons gagné l’élection. Nous avons une obligation. »