Coup De Projecteur Sur Une Troupe De Cirque Qui Fait Rêver Des Jeunes De La Rue

174
Single Post


Single Post
Photo by AFP
La silhouette fine et gracieuse de Mariétou Thiam virevolte à l’intérieur d’un cerceau suspendu lors d’un spectacle de sa troupe de cirque Sencirk, la première et l’une des seules au Sénégal.


Elle tourne, se retourne, glisse sous le regard ébahi des spectateurs et les yeux concentrés de ses partenaires à l’occasion du premier festival de cirque de Dakar.

Mariétou est la directrice artistique et l’une des deux seules femmes de la compagnie. Elle a 29 ans, a rejoint Dakar pour ses études mais a tout lâché pour s’adonner au cirque et à la gestion de la structure.

Difficile de justifier ce choix auprès des siens. Mais sur scène, elle ne regrette rien et se laisse porter par la magie de l’instant, les acrobaties et le partage avec ses camarades et les enfants des rues.

Car la compagnie Sencirk est aussi une école qui aide les enfants en souffrance à sortir de leur condition sociale difficile et à rêver plus grand grâce à la scène.

Malick, 30 ans, a eu la chance de trouver un travail et une reconnaissance grâce à ses talents d’acrobate. Quand il est arrivé à Dakar en 2015 en provenance de Guinée, il vivait dans la rue. Puis il est tombé par hasard sur cette compagnie qui l’a pris sous son aile.


Ce jour de mai, sur la plage de Ngor, il saute et c’est lui qui s’envole, la tête à l’envers. Ses pieds semblent toucher un soleil éclatant.

Une acrobatie en chasse une autre, le voici qui forme avec ses élèves une pyramide humaine. Car Malick, à l’instar des plus aguerris de la troupe, n’est pas qu’un artiste, il enseigne.

A son tour de partager sa passion et d’aider les jeunes démunis à trouver une échappatoire à la dureté de la rue.

Et demain, qui sait ? Peut-être que ces enfants prendront sa relève, et celle de Mariétou. Ce sera leur tour de s’élever et de toucher les étoiles qui ornent le chapiteau.