Coronavirus (Covid-19) : symptômes et modes de transmission

L’épidémie de coronavirus Covid-19 se propage petit à petit sur tous les continents, y compris en Europe en Italie. Quels sont les symptômes à surveiller ? Comment se transmet-il ? Quelle est la durée d’incubation ? Faut-il s’inquiéter et quels sont les risques en France ? Réponses.

Le coronavirus s’étend un peu plus chaque jour. D’abord cantonné à la Chine (et, en particulier, à la ville de Wuhan, foyer de l’épidémie), il s’est propagé dans toute l’Asie avant d’atteindre les États-Unis, l’Australie et l’Europe. En dehors de la Chine, pays le plus touché par l’épidémie, la Corée du Sud et l’Iran connaissent une flambée du nombre de cas. En Europe, un foyer important est identifié en Italie (Lombardie, Vénétie). Alors que le virus a déjà fait 7 victimes, les autorités sanitaires italiennes ont pris de mesures d’isolement et annulé nombreuses festivités et manifestations publiques.Sur le même sujet

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En France, il n’y a pas d’épidémie, le bilan fait état de 18 cas confirmés :

  • 11 patients sont guéris et 5 patients sont actuellement pris en charge
  • 2 patients sont décédés 

Pour le moment, les autorités sanitaires françaises jouent la carte de l’apaisement : les hôpitaux sont prêts, les schémas d’organisation sont bien rodés, tous les départements peuvent prendre en charge des malades, le test de dépistage mis au point par l’Institut Pasteur est efficace et disponible en quantité suffisante pour répondre aux besoins.

Quels sont les symptômes à surveiller ?

En France, la vigilance est de mise pour les voyageurs ayant séjourné en Chine, à Singapour, en Corée du Sud ou dans les régions de Lombardie et de Vénétie en Italie récemment. Les symptômes principaux principaux à surveiller sont la fièvre et les signes respiratoires de type toux ou essoufflement.

  • Une fièvre supérieure à 37,5°C,
  • Une toux sèche ou grasse,
  • Des signes respiratoires de type, toux, sensation d’oppression et/ou douleur thoracique, avec parfois dyspnée (essoufflement). 
  • Des frissons,
  • Des courbatures,
  • Une fatigue inhabituelle,
  • Des maux de tête.

Les symptômes décrits ci-dessus correspondent aussi à des symptômes grippaux classiques. Si vous n’avez pas pris l’avion, si vous n’avez pas été en Chine, en Corée du Sud ou en Italie récemment, si vous n’avez pas fait escale dans un aéroport asiatique, il n’est pas utile de paniquer !

Attention : si vous avez récemment voyagé en Chine, à Singapour, en Corée du Sud, en Italie ou tout autre pays touché par l’épidémie (dans les 14 jours suivant le retour) et que vous présentez ces symptômes :

  • Ne vous rendez pas aux Urgences, au risque de propager le virus !
  • Téléphonez au 15 (Samu) en faisant état de ces symptômes et de votre séjour récent dans un pays épidémique, une ambulance viendra vous chercher.
  • En attendant, évitez tout contact avec votre entourage et portez votre masque.

En prévention, les parents des enfants revenant de Singapour, de Corée du Sud et d’Italie du Nord, ou toute autre zone touchée par le coronavirus, sont priés de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, de leur éviter toute sortie non-impérative et de les garder à la maison pendant 14 jours, soit le temps de la période d’incubation du coronavirus.

De même, si vous avez voyagé en Chine, à Singapour, en Corée du Sud ou en Italie (Vénétie, Lombardie), dans les 14 jours suivant le retour :

  • Surveillez votre température 2 fois par jour ;
  • Surveillez l’apparition de symptômes d’infection respiratoire (toux, difficultés à respirer…) ;
  • Portez un masque chirurgical lorsque vous êtes en face d’une autre personne et lorsque vous devez sortir ;
  • Lavez-vous les mains régulièrement ou utilisez une solution hydro-alcoolique ;
  • Evitez tout contact avec les personnes fragiles (femmes enceintes, malades chroniques, personnes âgées…) ;
  • Evitez de fréquenter des lieux où se trouvent des personnes fragiles (hôpitaux, maternités, structures d’hébergement pour personnes âgées…) ;
  • Evitez toute sortie non indispensable (grands rassemblements, restaurants, cinéma…).
  • Travailleurs/étudiants : dans la mesure du possible, privilégiez le télétravail et évitez les contacts proches (réunions, ascenseurs, cantine…) ;
  • Les enfants, collégiens, lycéens ne doivent pas être envoyés à la crèche, à l’école, au collège ou au lycée, compte tenu de la difficulté à porter un masque toute la journée.

Comment se transmet le coronavirus ?

La transmission interhumaine est par ailleurs avérée : le virus Covid-19 (responsable de la maladie) se propage entre humains par voie aérienne, par contact direct avec des sécrétions ou par l’intermédiaire d’un objet contaminé – comme le virus de la grippe.

On peut attraper le virus Covid-19 si… On boit dans le même verre qu’une personne contaminée, si on lui fait la bise, si elle éternue non loin de nous, si elle ne se lave pas les mains et que l’on touche les mêmes objets qu’elle. « On considère donc que les contacts étroits avec une personne malade est nécessaire pour transmettre la maladie : même lieu de vie, contact direct à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou une discussion en l’absence de mesures de protection », souligne le ministère de la Santé.

« Les coronavirus survivent quelques heures dans le milieu extérieur, sur des surfaces inertes sèches. En milieu aqueux, ces virus peuvent survivre plusieurs jours », précise encore l’Institut Pasteur.

Ce que l’on ne sait pas encore : si la transmission interhumaine est avérée, le nombre de cas secondaires liés à un cas initial n’est pas encore déterminé. Des investigations sont actuellement menées pour préciser le degré de contagiosité et les modes de transmission.

Comment éviter le coronavirus ? 

Pour se protéger du virus, les autorités sanitaires françaises recommandent les gestes-barrière qui ont fait leurs preuves contre le virus de la grippe :

  • Se laver les mains fréquemment au savon,
  • Tousser et éternuer dans le creux de son coude, ou dans un mouchoir à usage unique,
  • Éviter de se toucher le visage (nez, bouche…).

Faut-il porter un masque pour se protéger d’une contamination par le coronavirus ? 

Dans les grandes villes, en particulier à Paris, le port du masque devient de plus en plus courant. A tel point que certaines pharmacies sont en rupture de stock. Les masques les plus couramment utilisés, les masques chirurgicaux, aussi appelés masques anti-projections sont recommandés pour les personnes maladies symptomatiques, c’est-à-dire qui toussent ou éternuent. L’objectif étant d’éviter la diffusion aérienne de la maladie par les postillons.

Il est également recommandé pour les personnes qui ont séjourné en Chine (Chine continentale, Hong Kong, Macao), de Singapour, de Corée du Sud, ou des régions de Lombardie et de Vénétie en Italie, pendant les 14 jours suivant leur retour. La France dispose de stocks importants de masques chirurgicaux.

Le ministère de la santé l’affirme cependant : « le port de ce type de masque par la population non malade  et n’ayant pas voyagé afin d’éviter d’attraper la maladie ne fait pas partie des mesures barrières recommandées et son efficacité n’est pas démontrée. » Enfin, les masques de protection respiratoire dit FFP2 équipés d’un filtre sont utilisés par les professionnels de santé en contact étroit avec les malades.

Comment se fait le diagnostic du coronavirus ? 

En cas de signes d’infection respiratoire chez un patient revenant de Chine, de Corée du Sud, de Singapour, d’Italie ou de tout autre pays à risque, dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes, un diagnostic est suspecté. Pour le confirmer, un examen biologique est nécessaire. Il s’agit d’un test de détection rapide développé par le centre national de référence des virus respiratoires de l’Institut Pasteur.

Le test est réalisé uniquement en cas de suspicion validée par le SAMU et par un infectiologue référent. Le délai pour avoir un résultat est entre 3 et 5 h.

Coronavirus covid-19 : a-t-on trouvé un traitement ?

A ce jour, aucun traitement spécifique n’a été identifié pour le Covid-19. « Plusieurs traitements, actuellement utilisés dans d’autres pathologies virales, sont en cours d’évaluation en France, en lien avec l’OMS pour être utilisés contre le coronavirus COVID-19. Dans l’attente, le traitement est symptomatique », explique le ministère de la Santé.

Après 22 jours d’hospitalisation, le patient de 48 ans diagnostiqué fin janvier 2020 a pu quitter le CHU de Bordeaux. L’homme a bénéficié d’un traitement antiviral « prometteur » a indiqué l’équipe médicale lors d’un point presse ce vendredi 14 février 2020. Le médicament en question, c’est le Remdesivir : commercialisé par le laboratoire américain Gilead, « il agit directement sur le virus pour empêcher sa multiplication » a expliqué le Pr Denis Malvy, responsable de l’unité maladies tropicales et du voyageur au CHU de Bordeaux (Pellegrin).

Le Remdesivir a été administré au patient de 48 ans pendant 10 jours par voie intraveineuse et a été « parfaitement toléré« . Le secret de son efficacité ? « C’est une petite molécule capable de gagner l’ensemble des compartiments de l’organisme et dont on sait qu’elle diffuse parfaitement dans les poumons, organe cible de la maladie. » Il est à noter que le Remdesivir avait déjà montré son efficacité chez le singe contre le coronavirus MERS. Aujourd’hui, le patient de 48 ans va bien : il a quitté le CHU de Bordeaux « sans signes cliniques » et n’est « plus du tout porteur d’aucune trace de présence du virus« . Il sera (bien entendu) suivi : « nous allons le revoir sur une échéance de quelques semaines pour une nouvelle évaluation en face-à-face d’ordre clinique et radiologique. »

Remdesivir : est-ce la solution à l’épidémie ? Pour le moment, rien n’est sûr : il s’agit toutefois « aujourd’hui dans l’état des connaissances » du « candidat prometteur le plus probant pour une évaluation » a ajouté le Pr. Malvy. Le Remdesivir va d’ailleurs faire l’objet d’un essai thérapeutique comparatif en Chine avec la coordination de l’OMS « dans les jours à venir. » Par ailleurs, un autre traitement est actuellement testé en Asie : il s’agit d’une combinaison de deux médicaments contre le VIH-Sida, le Lopinavir et le Ritonavir.

Coronavirus : est-il dangereux ? Quels sont les risques ?

Les cas les plus sévères semblent concerner à ce jour principalement des personnes vulnérables en raison de leur âge ou de maladies associées. Les données scientifiques disponibles suggèrent que le virus peut causer des symptômes similaires à ceux d’une grippe modérée, mais aussi des symptômes plus sévères. Dans ces cas-là, le patient peut être atteint d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë, d’une insuffisance rénale aiguë, voire d’une défaillance multi-viscérale pouvant entraîner le décès.

« La maladie peut également progresser dans le temps chez un patient. Les patients avec des maladies chroniques préexistantes telles que l’hypertension, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies hépatiques, maladies respiratoires semblent plus susceptibles de développer des formes sévères, de même que les personnes âgées« , précise le ministère de la santé. Enfin, il faut savoir que 75% des personnes décédées en Chine étaient atteintes de pathologies chroniques et 80% étaient âgées.

Quel est le temps d’incubation du coronavirus ? 

Selon l’état des connaissances scientifiques actuelles, le délai d’incubation du virus est de 14 jours maximum. En revanche, on ne sait pas combien de temps on peut détecter le virus chez une personne qui n’est plus malade. Ni même si une personne peut être contagieuse alors qu’elle n’a pas encore de symptômes.

Comment a débuté l’épidémie de coronavirus ? 

La majorité des cas initialement décrits concernant initialement des personnes ayant fréquenté un marché d’animaux vivants, les scientifiques ont privilégié l’hypothèse d’une zoonose (maladie transmise par les animaux). Avez-vous déjà entendu parler du pangolin ? Ce petit mammifère à écailles aurait, selon une étude publiée de l’Université d’agriculture du sud de la Chine, facilité la transmission du virus 2019-nCoV de la chauve-souris à l’Homme.

Explication : si les scientifiques sont quasi-sûrs que la source de l’épidémie est la chauve-souris (le « réservoir » dans le jargon des spécialistes), le virus présent chez cette dernière n’a pas pu arriver directement à l’Homme, faute de récepteurs appropriés. Il manquait donc un « hôte intermédiaire » : après avoir balayé l’hypothèse du serpent, les experts se sont penché sur… le pangolin. Ce mammifère résolument exotique (qui fait l’objet d’un trafic illégal en Asie avec environ 100 000 spécimens braconnés chaque année) présente en effet des séquences virales identiques à 99 % à celles trouvées chez les malades. CQFD !

Attention : certains scientifiques appellent toutefois à la prudence vis-à-vis de cette hypothèse – dont les preuves n’ont (pour le moment) pas été publiées dans la littérature scientifique.

Pour rappel, l’épidémie de coronavirus Covid-19 a débuté fin décembre 2019 et a été officiellement déclarée début janvier 2020.

Source : communiqué de presse Ministère de la Santé / Institut Pasteur

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