Coronavirus (Covid-19) : symptômes et modes de transmission

Alors que la France est entrée en stade 3, le nombre de personnes contaminées en France explose. Toux, fièvre… Quels sont les symptômes à surveiller ? Quand faut-il s’inquiéter ? Quelle est la durée d’incubation ? La perte d’odorat et de goût sont-ils des symptômes ? Réponses.
SOMMAIRE :

Quels sont les symptômes à surveiller ?
Coronavirus ou grippe ? Comment faire la différence ?
Je suis malade : que faire ?
Comment se transmet le coronavirus ?
Les gants sont-ils utiles pour se protéger ?
Peut-on être contaminé au contact d'une personne qui ne présente aucun symptôme ?
Comment éviter le coronavirus ?
Masque FFP2 ou chirurgical, lequel est le plus efficace ?
Comment se fait le diagnostic du coronavirus ?
Pourquoi on ne teste pas tous les cas suspects ?
Combien de temps est-on malade et contagieux ?
Coronavirus : est-il dangereux ? Quels sont les risques ?
Est-ce que les jeunes adultes sont touchés ?
Quelles sont les conséquences psychologiques du confinement ?
Le coronavirus a-t-il muté ?
Coronavirus et voyage : ce qu'il faut savoir
Coronavirus covid-19 : a-t-on trouvé un traitement ?
Quelle est l'origine de l'épidémie coronavirus ?

Le bilan épidémique en France au 20 mars : Le coronavirus continue à se diffuser de manière exponentielle. Le virus est présent sur le territoire national, avec des zones de regroupement ou « clusters », l’Ile de France et la région Grand-Est sont les deux régions les plus touchées. Nous sommes actuellement au stade 3 du plan d’actions du Gouvernement. Depuis le 24 janvier 2020, la France compte 12 612 cas de Coronavirus COVID-19 confirmés et 450 personnes sont décédées depuis le début de l’épidémie. Parmi lesquelles 7% étaient âgées de moins de 65 ans. Au total, depuis le début de l’épidémie, 1 587 personnes sont guéries.
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Quels sont les symptômes à surveiller ?

Les symptômes principaux principaux à surveiller sont la fièvre et les signes de difficultés respiratoires de type toux ou essoufflement.

Une fièvre supérieure à 37,5°C,
Une toux sèche ou grasse,
Des signes respiratoires de type, toux, sensation d'oppression et/ou douleur thoracique, avec parfois dyspnée (essoufflement). 
Des frissons,
Des courbatures,
Une fatigue inhabituelle,
Des maux de tête.

Le 6 mars, l’Académie américaine d’ophtalmologie (AAO) a lancé une alerte vers les professionnels : les patients qui consultent pour une conjonctivite pourraient être atteints du coronavirus. Ils conseillent : « Les patients qui ont également de la fièvre et des symptômes respiratoires, y compris la toux et l’essoufflement, et qui ont récemment voyagé à l’étranger ou dont certains membres de la famille sont récemment revenus d’un de ces pays pourraient représenter des cas de COVID-19 ».

Perte d’odorat et de goût : Jusqu’alors les symptômes répertoriés sont fièvre, toux, fatigue, maux de tête et de gorge, gêne respiratoire et courbatures. La perte de goût (agueusie) et la perte d’odorat (anosmie), relevés par plusieurs patients atteints du Covid-19, sont-ils de nouveaux symptômes du coronavirus ? « Les anosmies brutales sont en recrudescence, a confirmé Jérôme Salomon lors du point presse le 20 mars, « c’est un signe rare », mais « il faut appeler son médecin ».
Coronavirus ou grippe ? Comment faire la différence ?

Le problème, c’est que les symptômes décrits ci-dessus correspondent aussi à des symptômes grippaux classiques. A ceci près, explique à Top Santé le 26 février, Daniel Camus, spécialiste en maladies infectieuses et maladies émergentes à l’Institut Pasteur de Lille, que dans le cas de la grippe, les signes sont un peu différents. « Dans la grippe, ce qui est frappant, c’est qu’elle vous tombe dessus de manière soudaine. Les symptômes apparaissent brutalement, les patients peuvent même souvent donner l’heure exacte. Avec la grippe, il y aussi très souvent des fortes douleurs dans les muscles et dans les articulations. Ces deux signes ne sont pas typiques de l’infection par le coronavirus. »

« Le virus Covid-19 n’est pas le virus de la grippe », a rappelé Jérôme Salomon ce 10 mars, avant de préciser qu’il n’en n’a pas le profil, ni même les signes. « Les signes ne sont pas ceux de la grippe, les profils touchés ne sont pas les mêmes », aussi « on doit être attentif à ce nouveau virus ». Néanmoins, il a également ajouté que dans la grande majorité des cas (80 % à 85%), la maladie est bénigne. « Notre attention doit se focaliser sur les personnes fragiles, en particulier les personnes âgées. »

=> Dans tous les cas, si votre état s’aggrave, que vous avez du mal à respirer, contactez le 15

Un questionnaire a été mis en place pour vous aider à être pris en charge le plus efficacement possible. Les questions sont régulièrement mises à jour et établies à partir des recommandations du ministère de la santé. Coronavirus ou pas ? Faites le test
Je suis malade : que faire ?

En cas de toux, de fièvre, restez strictement confiné jusqu'à ce que vous soyez guéri, évitez tout contact avec d'autres personnes. Vos enfants et conjoint(e) doivent aussi restés confinés.
Surveillez votre température matin et soir et si besoin prenez du paracétamol (en respectant la posologie) 
Ne vous rendez pas chez votre médecin, au laboratoire d'analyses médicales ou aux urgences
Si besoin, appelez votre médecin traitant ou un médecin par téléconsultation 
Il est possible de recevoir un avis, une ordonnance, un arrêt de travail en appelant votre médecin traitant ou le médecin de permanence
Si votre état s'aggrave, et que vous avez du mal à respirer, que vous vous sentez essoufflé, contactez immédiatement le SAMU centre 15.

PAS D’AUTOMÉDICATION : des événements indésirables graves liés à l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont été signalés chez des patients atteints de COVID-19. Le ministère de la Santé rappelle que « le traitement d’une fièvre mal tolérée ou de douleurs dans le cadre du COVID-19 ou toute autre virose respiratoire repose sur le paracétamol, sans dépasser la dose de 60 mg/kg/jour et de 3 g par jour. Les AINS doivent être proscrits, éviter aussi de prendre des corticoïdes sans indication médicale stricte. »

Il n’y a pas de traitement pour soigner le coronavirus, aussi le traitement consiste à soulager les symptômes (douleur, fièvre) avec du paracétamol et à bien s’hydrater en cas de fièvre. Le repos, les solutions naturelles (tisanes, citron, miel…) ne guérissent pas mais aident à mieux supporter les symptômes.

« Les symptômes peuvent durer jusqu’à 2 semaines », explique à Top Santé, le Dr Jacques Battistoni, médecin généraliste. « Une fièvre qui s’élève fortement et/ou des symptômes qui s’aggravent ou qui apparaissent, comme des maux de tête, pendant la deuxième semaine, des essoufflements et l’impression de manquer d’air sont des signes d’aggravation », précise encore le Dr Battistoni.
Comment se transmet le coronavirus ?

Le Covid-19 (responsable de la maladie) se propage entre humains par voie aérienne, mais surtout, à 80% par contact manuel ou par l’intermédiaire d’un objet contaminé.

On peut attraper le virus Covid-19 si… On boit dans le même verre qu’une personne contaminée, si on lui fait la bise, si elle éternue non loin de nous, si elle ne se lave pas les mains et que l’on touche les mêmes objets qu’elle. « La maladie se transmet par les postillons (éternuements, toux). On considère donc qu’un contact étroit avec une personne malade est nécessaire pour transmettre la maladie : même lieu de vie, contact direct à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou une discussion en l’absence de mesures de protection. Un des vecteurs privilégiés de la transmission du virus est le contact des mains non lavées », souligne le ministère de la Santé. « Les coronavirus survivent quelques heures dans le milieu extérieur, sur des surfaces inertes sèches. En milieu aqueux, ces virus peuvent survivre plusieurs jours », précise encore l’Institut Pasteur.

Le Covid-19 est très contagieux : son taux de réplication est de 2, c’est-à-dire qu’1 cas qui se trouverait en présence de 100 personnes peut potentiellement contaminer 2 personnes. Soit la même contagiosité d’un rhume, mais une contagiosité bien moindre que la rougeole (8). Mais si le coronavirus est très contagieux, c’est parce qu’il se diffuse dans une population non immunisée et non vaccinée. Contrairement à la grippe, il n’y a aucune barrière immunologique pour limiter sa diffusion. C’est ce qui explique que l’on observe une croissance exponentielle du nombre de cas.
Les gants sont-ils utiles pour se protéger ?

Selon le ministère de la Santé, la réponse est claire : Non. Le problème : lorsqu’on tousse, qu’on éternue, qu’on discute, des gouttelettes respiratoires se retrouvent sur les gants, qui servent alors support au virus. Qui plus est, comme on porte des gants, on se sent protégé, et on fait moins attention à ses gestes. Le moyen idéal pour poser ses mains (gantées) partout et pour transmettre le virus. « Porter des gants est inutile », assure le ministère de la Santé, « sauf dans des situations très spécifiques : personnels soignants réalisant des prélèvements ou gestes à risque ». Rappelons les gestes barrières : se laver fréquemment les mains, tousser dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter après utilisation, et les mesures de distanciation sociale.
Peut-on être contaminé au contact d’une personne qui ne présente aucun symptôme ?

Plusieurs études ont été publiées à ce sujet depuis le début de l’épidémie, notamment une étude publiée dans The New England Journal of Medicine portant sur un cas allemand, qui aurait été contaminé par une personne asymptomatique. D’autres études ont entre temps remis en question cette étude.

« Le risque d’être contaminé au contact d’une personne qui ne présente aucun symptôme est très faible », assure l’OMS.

Cependant, beaucoup de personnes atteintes sont asymptomatiques ou ne présentent que des symptômes discrets, en particulier aux premiers stades de la maladie. Il est donc possible de contracter le virus au contact d’une personne qui n’a, par exemple, qu’une toux légère mais qui ne se sent pas malade.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’être contaminé par une personne qui ne présente aucun symptôme, semble être peu probable. Le Directeur de la Santé, Jérôme Salomon, le précisait lors d’un point presse, un porteur sain est forcément moins contagieux puisqu’il ne tousse pas (le virus se transmet par le biais des gouttelettes émises lors de la toux et des éternuements) : « On s’est beaucoup posé la question de savoir si on pouvait être contagieux en étant asymptomatique. Ce qui finalement est quelque chose d’assez peu probable. Parce que pour être contagieux il faut quand même excréter des gouttelettes, c’est-à-dire tousser, éternuer. Et donc quelqu’un qui n’a pas de symptôme certes pourrait être porteur – c’est très probable et on en trouve de temps en temps avec des formes extrêmement peu symptomatiques – mais finalement a peu de moyens de diffuser le virus. »
Comment éviter le coronavirus ?

Pour se protéger du virus, les autorités sanitaires françaises recommandent les gestes-barrière qui ont fait leurs preuves contre le virus de la grippe :

Se laver les mains fréquemment au savon,
Tousser et éternuer dans le creux de son coude
Se saluer sans se serrer la main, éviter les embrassades
Utiliser un mouchoir à usage unique et le jeter
Garder une distance de 1 m (réunions, file d'attente...)
Éviter de se toucher le visage (nez, bouche...)
Porter un masque lorsqu'on est malade (sur prescription médicale)
Eviter les réunions inutiles, télétravail privilégié
Eviter tout déplacement sauf urgence

Interrogé par Top Santé, Daniel Camus (Institut Pasteur) explique que « le coronavirus est une maladie respiratoire qui se transmet dans 80% des cas par les mains ». Un message également martelé par Olivier Véran : « Lavez-vous les mains ! ». Il faut savoir qu’en moyenne, nous touchons notre visage avec nos mains 1 fois par minute… Le nez, les yeux et la bouche sont les portes d’entrée pour les virus et bactéries. L’hygiène des mains est donc indispensable et le lavage des mains bien plus efficace que le port d’un masque.
Masque FFP2 ou chirurgical, lequel est le plus efficace ?

Dans les grandes villes, en particulier à Paris, le port du masque devient de plus en plus courant. A tel point que les pharmacies sont en rupture de stock. Les masques les plus couramment utilisés, les masques chirurgicaux, aussi appelés masques anti-projections sont recommandés pour les personnes malades symptomatiques, c’est-à-dire qui toussent ou éternuent. L’objectif étant d’éviter la diffusion aérienne de la maladie par les postillons.

Le ministère de la santé l’affirme cependant : « le port de ce type de masque par la population non malade et n’ayant pas voyagé afin d’éviter d’attraper la maladie ne fait pas partie des mesures barrières recommandées et son efficacité n’est pas démontrée. »

Masque FFP2 vs FFP3 : quelles différences ?

Les masques de protection respiratoire dit FFP2, équipés d’un filtre, sont utilisés par les professionnels de santé en contact étroit avec les malades. Ils protègent de l’inhalation d’agents infectieux transmissibles par voie aérienne et par gouttelettes.

Il existe trois classes de masques professionnels : FFP1, FFP2, FFP3 (pour Filtering Facepiece Particles) dont l’efficacité est croissante et tient compte du niveau de filtrage.
Comment se fait le diagnostic du coronavirus ?

En phase épidémique (stade 3), le principe est de ne plus tester systématiquement. Les tests sont réservés en priorité à quatre types de populations :

les personnes fragiles en raison d'une pathologie et celles de plus de 70 ans, présentant des symptômes évocateurs du COVID-19, à risque de développer des complications (insuffisants respiratoires, immunodéprimés),
les 2 premiers cas présentant des symptômes dans les structures médico-sociales (maisons de retraites notamment),
les personnes hospitalisées présentant des symptômes évocateurs de Covid-19,
les professionnels de santé avec symptômes

Jusqu’à présent, les tests de dépistage du coronavirus étaient pratiqués uniquement dans les hôpitaux. Désormais, on peut les réaliser, en théorie, dans n’importe quel laboratoire de ville, sous condition de disposer d’une prescription médicale. En pratique, le test se fait à l’aide d’un écouvillon naso-pharyngé, posé au niveau des narines afin de recueillir un prélèvement. Le délai pour avoir un résultat est entre 3 et 5 h.
Pourquoi on ne teste pas tous les cas suspects ?

« La recherche systématique de contacts est devenue inutile », assure le ministère de la Santé, qui précise que « tester tous les patients présentant des symptômes conduirait à saturer la filière de dépistage ». En somme, seuls les patient présentant un état clinique sévère, les patients hospitalisés, les professionnels de santé et les résidents des établissements médico-sociaux présentant des symptômes sont soumis à un test.

Ce qu’il faut comprendre c’est que les cas bénins sont envoyés en isolement pendant 14 jours à leur domicile sans être testés.

A noter que le décompte des cas ne se fonde plus uniquement sur les cas diagnostiqués biologiquement, mais sur des estimations épidémiologiques, comme cela se fait pour la grippe tous les ans (nombre de consultations, nombre de cas graves ou de décès…).
Combien de temps est-on malade et contagieux ?

Selon l’état des connaissances scientifiques actuelles, le délai d’incubation du virus est de 14 jours maximum. En revanche, on ne sait pas combien de temps on peut détecter le virus chez une personne qui n’est plus malade. Ni même si une personne peut être contagieuse alors qu’elle n’a pas encore de symptômes, cela semble néanmoins peu probable o

En l’état actuel des connaissances, les symptômes seraient présents de quelques jours à deux semaines au maximum. Interrogé par Top Santé, Jacques Battistoni, Président de MG France, précise que dans un certain nombre de cas, les symptômes s’aggravent ou évoluent (apparition de maux de tête, montée de la fièvre, par exemple) à partir de la deuxième semaine. En cas de doute, joindre son médecin traitant ou faire une téléconsultation.
Coronavirus : est-il dangereux ? Quels sont les risques ?

Les cas les plus sévères semblent concerner à ce jour principalement des personnes vulnérables en raison de leur âge ou de maladies associées. Les données scientifiques disponibles suggèrent que le virus peut causer des symptômes similaires à ceux d’une grippe modérée, mais aussi des symptômes plus sévères. Dans ces cas-là, le patient peut être atteint d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë, d’une insuffisance rénale aiguë, voire d’une défaillance multi-viscérale pouvant entraîner le décès.

« La maladie peut également progresser dans le temps chez un patient. Les patients avec des maladies chroniques préexistantes telles que l’hypertension, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies hépatiques, maladies respiratoires semblent plus susceptibles de développer des formes sévères, de même que les personnes âgées », précise le ministère de la santé. Enfin, il faut savoir que 75% des personnes décédées en Chine étaient atteintes de pathologies chroniques et 80% étaient âgées.

Coronavirus et diabète : les diabétiques de type 1 ou 2 seraient plus à risque, en raison de « l’élévation permanente de la glycémie » pouvant « altérer le système immunitaire », explique l’association française des diabétiques. De même qu’à l’inverse, les infections peuvent déséquilibrer la glycémie et/ou aggraver certaines complications du diabète déjà présentes. Pour se protéger, les diabétiques doivent donc bien respecter les gestes barrière : ne pas serrer la main, se laver les mains régulièrement, ne pas se faire la bise, tousser ou éternuer dans son coude…

Coronavirus et femmes enceintes : en l’état actuel des connaissances, les femmes enceintes ne souffrent pas de davantage de symptômes et ne présentent pas de sur-risque de complications, que le reste de la population. Néanmoins, elles doivent être vigilantes, respecter minutieusement les gestes barrières et restées confinées.

Coronavirus et asthme: les personnes asthmatiques font partie des personnes à risque, toutefois inutile de paniquer, ainsi que le confirme l’association Asthme et allergies : « les personnes asthmatiques n’ont pas plus de risques d’être contaminées par le coronavirus Covid-19 que le reste de la population (à condition que l’asthme soit bien contrôlé) », en revanche, nuance-t-elle, elles ont « davantage de risques de développer des complications respiratoires en cas de contamination ». Attention ! Suite à l’alerte du ministère de la Santé, concernant les anti-inflammatoires à remplacer par du paracétamol en cas de symptômes (mal de gorge, fièvre…), les asthmatiques ne doivent pas arrêter leur traitement ! La prise de corticoïdes inhalés n’est pas à risque. Quant aux corticoïdes en comprimés, « la dose minimale pour contrôler l’asthme doit être poursuivie, selon les conseils de votre médecin. »

Selon l’OMS, le taux de mortalité du nouveau coronavirus est de l’ordre de 3,5%.
Est-ce que les jeunes adultes sont touchés ?

Grâce aux mesures de confinement, mises en place en France, la vitesse de propagation du virus ralentit. L’objectif étant de limiter le nombre de personnes atteintes en même temps par le virus. « Dans cette stratégie, le type de personnes atteintes par le virus, et la répartition des cas simples, notamment en fonction de l’âge ou de l’existence de plusieurs maladies n’est pas modifié », assure le ministère de la Santé. En somme, les profils des personnes plus sévèrement atteintes (personnes âges et personnes fragiles) restent dans la majorité des cas inchangés.

Néanmoins, précise encore le ministère de la Santé, « les études internationales nous montrent que si les personnes fragiles sont les plus à risque de développer une forme grave d’infection au Coronavirus, l’ensemble de la population peut également être concernée. » Quelques cas sévères hors personnes âgées ou fragiles ont effectivement été constatés dans d’autres pays.
Quelles sont les conséquences psychologiques du confinement ?

En Chine, épicentre de l’épidémie, plusieurs études ont été menées pour comprendre l’impact psychologique du confinement sur la population. Une étude publiée dans General Psychiatry et menée auprès de 52 000 personnes dans 36 provinces chinoises, permet de conclure qu’en raison du confinement, 35 % des répondants souffraient d’un « stress psychologique modéré » et 5 % d’un « stress psychologique sévère ». Selon cette étude, ces troubles concernent plus souvent les femmes, les individus âgés de 18 à 30 ans et ceux de plus de 60 ans. Selon une revue de plus plus de 3000 publications antérieures, publiée dans The Lancet, lorsque la période de confinement dure plus de 10 jours, des symptômes post-traumatiques, des comportements d’évitement ainsi que de la colère sont susceptibles d’apparaître.

L’angoisse liée au virus et l’inquiétude générée en cas de symptômes et l’isolement social génère du stress. Les spécialistes conseillent de maintenir au maximum les interactions familiales, amicales, professionnelles… via le téléphone, les messageries voire les groupes de soutien.
Le coronavirus a-t-il muté ?

Selon les dernières données scientifiques, il existe deux souches circulantes du virus : la souche L et la souche S.

La souche S serait plus plus ancienne que la souche L. Elle serait moins agressive et moins fréquente (30% des échantillons). La souche L serait la souche circulante, la plus sévère et la plus fréquente (70% des échantillons testés dans l’étude). Selon le ministère de la Santé, « à ce stade, rien ne permet de confirmer si la mutation a eu lieu chez l’homme ou chez les hôtes intermédiaires (animal). » Il précise : « grâce aux moyens de détection et aux mesures de lutte contre le coronavirus, la circulation de la souche L, plus sévère et donc plus facilement détectable, tend à diminuer. »
Coronavirus et voyage : ce qu’il faut savoir

Si vous avez récemment voyagé en Chine, à Singapour, en Corée du Sud, en Italie, en Iran, ou tout autre pays touché par l’épidémie et que vous présentez des symptômes (fièvre, difficultés respiratoires), dans les 14 jours suivant le retour :

Ne vous rendez pas aux Urgences, au risque de propager le virus !
Téléphonez au 15 (Samu) en faisant état de ces symptômes et de votre séjour récent dans un pays épidémique, une ambulance viendra vous chercher.
En attendant, évitez tout contact avec votre entourage et portez votre masque.

Pour en savoir plus, consultez les conseils aux voyageurs du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

De même, si vous avez voyagé dans une zone à risque, dans les 14 jours suivant le retour :

Surveillez votre température 2 fois par jour ;
Surveillez l’apparition de symptômes d’infection respiratoire (toux, difficultés à respirer…) ;
Portez un masque chirurgical lorsque vous êtes en face d’une autre personne et lorsque vous devez sortir ;
Lavez-vous les mains régulièrement ou utilisez une solution hydro-alcoolique ;
Evitez tout contact avec les personnes fragiles (femmes enceintes, malades chroniques, personnes âgées…) ;
Evitez de fréquenter des lieux où se trouvent des personnes fragiles (hôpitaux, maternités, structures d’hébergement pour personnes âgées…) ;
Evitez toute sortie non indispensable (grands rassemblements, restaurants, cinéma…).
Travailleurs/étudiants : dans la mesure du possible, privilégiez le télétravail et évitez les contacts proches (réunions, ascenseurs, cantine...) ;
Les enfants, collégiens, lycéens ne doivent pas être envoyés à la crèche, à l’école, au collège ou au lycée, compte tenu de la difficulté à porter un masque toute la journée.

Voir aussi : la carte en temps réel des cas dans le monde
Coronavirus covid-19 : a-t-on trouvé un traitement ?

A ce jour, aucun traitement spécifique n’a été identifié pour le Covid-19. « Plusieurs traitements, actuellement utilisés dans d’autres pathologies virales, sont en cours d’évaluation en France, en lien avec l’OMS pour être utilisés contre le coronavirus COVID-19. Dans l’attente, le traitement est symptomatique », explique le ministère de la Santé. Quelques études ont été menées mais elles ne sont pas réalisées sur des cohortes suffisamment grandes ou pas suffisamment étayées. Il y a néanmoins beaucoup de pistes à l’étude, comme toujours, lorsqu’on a affaire à un nouveau virus.

Invitée sur RMC ce 12 mars, Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a dressé un état des lieux de la recherche. « Un antiviral classique qui est essentiellement utilisé contre Ebola, sera l’une des premières molécules testées. Ensuite, un antirétroviral qui est un produit spécifiquement contre la propagation du HIV et puis une troisième formulation qui mélange un antirétroviral et une molécule impliquée dans le système immunitaire pour voir si on renforce l’effet de cet antirétroviral (…) si on voit que ces molécules sont sans effet, on pourra les sortir et en inclure d’autres ».

La chloroquine fait débat : cet antipaludique a été annoncé comme un remède miracle par un infectiologue de Marseille. Si la chloroquine a en effet donné des signes d’efficacité selon des scientifiques chinois, l’étude n’a été menée que sur 100 patients, il est donc prématuré de parler de traitement.

Ce 18 mars, le laboratoire français Sanofi s’est dit prêt à offrir aux autorités sanitaires françaises des millions de doses de Plaquenil (hydroxychloroquine) un médicament utilisé depuis des décennies dans les maladies auto-immunes de type lupus ou polyarthrite rhumatoïde et peu onéreux. Cela fait suite à des essais jugés « prometteurs », menés par le professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire de Marseille auprès de patients atteints du Covid-19. « J’ai pris connaissance des résultats et j’ai donné l’autorisation pour qu’un essai plus vaste par d’autres équipes puisse être initié dans les plus brefs délais sur un plus grand nombre de patients », a, par ailleurs indiqué lors d’une conférence de presse téléphonique le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Remdesivir : est-ce la solution à l’épidémie ? Le Remdesivir a été administré au patient de 48 ans hospitalisé au CHU de Bordeaux fin janvier et pendant 10 jours par voie intraveineuse avait été « parfaitement toléré ».

Ce médicament est commercialisé par le laboratoire américain Gilead, « il agit directement sur le virus pour empêcher sa multiplication » a expliqué le Pr Denis Malvy, responsable de l’unité maladies tropicales et du voyageur au CHU de Bordeaux (Pellegrin). Le secret de son efficacité ? « C’est une petite molécule capable de gagner l’ensemble des compartiments de l’organisme et dont on sait qu’elle diffuse parfaitement dans les poumons, organe cible de la maladie. » Il est à noter que le Remdesivir avait déjà montré son efficacité chez le singe contre le coronavirus MERS. Le patient de 48 ans avait quitté le CHU de Bordeaux « sans signes cliniques ».

Il s’agit « aujourd’hui dans l’état des connaissances » du « candidat prometteur le plus probant pour une évaluation » avait déclaré le Pr. Malvy. Le Remdesivir fait l’objet d’un essai thérapeutique comparatif en Chine avec la coordination de l’OMS. Par ailleurs, un autre traitement est actuellement testé en Asie : il s’agit d’une combinaison de deux médicaments contre le VIH-Sida, le Lopinavir et le Ritonavir.

ATTENTION aux REMÈDES MIRACLES : à ce jour, aucun traitement n’est validé contre le nouveau coronavirus par les autorités internationales.
Quelle est l’origine de l’épidémie coronavirus ?

La majorité des cas initialement décrits concernant des personnes ayant fréquenté un marché d’animaux vivants, les scientifiques ont privilégié l’hypothèse d’une zoonose (maladie transmise par les animaux). Avez-vous déjà entendu parler du pangolin ? Ce petit mammifère à écailles aurait, selon une étude publiée de l’Université d’agriculture du sud de la Chine, facilité la transmission du virus 2019-nCoV de la chauve-souris à l’Homme.

Explication : si les scientifiques sont quasi-sûrs que la source de l’épidémie est la chauve-souris (le « réservoir » dans le jargon des spécialistes), le virus présent chez cette dernière n’a pas pu arriver directement à l’Homme, faute de récepteurs appropriés. Il manquait donc un « hôte intermédiaire » : après avoir balayé l’hypothèse du serpent, les experts se sont penché sur… le pangolin. Ce mammifère résolument exotique (qui fait l’objet d’un trafic illégal en Asie avec environ 100 000 spécimens braconnés chaque année) présente en effet des séquences virales identiques à 99 % à celles trouvées chez les malades. CQFD !

Attention : certains scientifiques appellent toutefois à la prudence vis-à-vis de cette hypothèse – dont les preuves n’ont (pour le moment) pas été publiées dans la littérature scientifique.

Pour rappel, l’épidémie de coronavirus Covid-19 a débuté fin décembre 2019 et a été officiellement déclarée début janvier 2020.

Sources : Ministère de la Santé / Institut Pasteur / OMS / Interview (26 février) de Daniel Camus, infectiologue Institut Pasteur Lille

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