Les contaminations persistent dans les protections périodiques

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Les fabricants de serviettes et tampons sont à nouveau pointés du doigt. Les résidus de substances chimiques indésirables sont toujours présents dans leurs produits. Le magazine 60 millions de consommateurs dénonce un manque de transparence.

Trois ans après la pétition en ligne réclamant la liste des ingrédients des tampons hygiéniques, signée par plus de 300 000 personnes, les marques n’ont toujours pas l’obligation d’afficher la composition de leurs protections intimes féminines. C’est ce que dénonce le magazine 60 millions de consommateurs dans une nouvelle enquête publiée ce jeudi 21 février. « Les études se suivent, comme les articles de “60” […] Les jeunes filles et les femmes qui portent des protections périodiques à usage unique peuvent être au contact de résidus pour le moins indésirables de manière chronique », constate-t-il dans un communiqué.

Car sur les quinze références de serviettes périodiques et de tampons hygiéniques qu’il a à nouveau testées, quatre (Nana, Tampax, JHO, Natracare) contenaient traces de glyphosate. Du DEHP, un phtalate classé toxique pour la fertilité par l’agence européenne des substances chimiques (ECHA) a été retrouvé pour la première fois dans les serviettes Vania, Always, Siempre et Saforelle. Cette dernière présentait aussi des traces de DnBP, un autre phtalate. « Les contaminations par des résidus de molécules à risque persistent », conclut le rapport.
Des substances sans danger ?

En 2016 déjà, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSM) avait déjà mis en évidence des traces de glyphosate, de dioxines et de composés organiques halogénés dans les protections hygiéniques. Un an après, elle estimait toutefois que ces substances chimiques sont sans danger pour les utilisatrices, car présentes dans de très faibles quantités.

Malgré les conclusions de l’ANSM, la rédaction de 60 millions de consommateurs estime que « cet avis n’est pas totalement rassurant » : « D’abord, parce que les seuils sanitaires, quand ils existent, n’ont pas été établis pour une exposition via la vulve ou la muqueuse vaginale, développe le magazine. Surtout, parce que les experts de l’Agence reconnaissent que “les calculs de risque effectués ne prennent pas en compte les perturbateurs endocriniens et les effets sensibilisants [allergisants] cutanés”. »
Pour une « prise de conscience collective de la filière »

Le mensuel dénonce également le manque de transparence des marques. Sur les 15 références à l’essai, seule la moitié (Saforelle, Love & Green et les tampons Tampax, Nett, Organyc, JHO et Natracare) indique ses composants sur l’emballage. Les produits à base de coton biologique ont tendance à être plus transparents sur les composants de chaque partie qui constitue la protection, note-t-il.

Interrogés par le magazine, les fabricants « arguent du fait que les pesticides et autres résidus ne sont pas ajoutés intentionnellement ». 60 millions de consommateurs plaide ainsi pour une réglementation contraignante. Sa rédaction s’interroge par ailleurs : « À quand une prise de conscience collective de la filière, depuis les fabricants de protections périodiques bio jusqu’aux marques leader pour écarter définitivement ces résidus ? ».

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