Comment l’argent de la cocaïne était blanchi à Dakar

Les autorités judiciaires françaises soupçonnent un trafiquant de drogue, Joël Saudron alias Jamal Kane, né le 27 avril 1979 à Les Abymes (Guadeloupe), d’avoir blanchi plusieurs milliards dans des projets immobiliers et fonciers au Sénégal. Selon le quotidien Libération, qui donne la nouvelle dans sa parution de ce lundi, Joël Saudron, qui avait réussi à obtenir une carte d’identité et un passeport sénégalais, a été arrêté au Mali après avoir quitté précipitamment notre pays.

Sous la fausse identité de Max Bernard Honorat Dalon, Soudron était à la tête d’une importante filière d’importation de cocaïne au vu des quantités saisies lors d’opérations douanières intervenues le 21 novembre 2011 en Guadeloupe et en métropole (272 et 231 kilos). Il disposait, avec sa complice du nom de Sarah Demay et par le truchement de la société Agedem International, de véhicules utilitaires qui servaient à faire circuler la drogue entre les Antilles et la métropole.

Dans une commission rogatoire envoyée au Sénégal, les magistrats français révèlent une série de biens et de sociétés dont le trafiquant, qui était marié à une Sénégalaise, disposerait au Sénégal. En pistant l’argent qu’il a amassé grâce à la drogue, les juges apprennent qu’il avait dans notre pays des parts dans une célèbre société immobilière, des comptes bancaires ouverts sous sa fausse identité sénégalaise, d’une société hôtelière et d’une entreprise de Btp et décoration.

Ce n’est pas tout. Joël Saudron posséderait aussi un terrain sur la Corniche qui devait accueillir un complexe résidentiel de 9 étages, un terrain à Tivaouane Peul destiné à la construction de 500 logements, un terrain à Mermoz, un terrain mis en vente et une auberge. Les autorités judiciaires françaises demandent au Sénégal d’ouvrir des enquêtes sur toutes les sociétés dans lesquelles Saudron détiendrait des parts et de procéder à des perquisitions aux sièges de ces structures.