Casamance / Après Les Affrontements Entre Rebelles Et Armée : Retour à La Vie à Bissine Et Basséré

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Casamance / Après les affrontements entre rebelles et armée : Retour à la vie à Bissine et Basséré
La vie est en train de reprendre son cours normal. Le village de Bissine, situé dans la commune de Adéane, s’était vidé dans sa population. C’était impossible d’y vivre à cause des affrontements entre l’armée et les combattants du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). Comme Adéane, Basséré, dans Niassya était aussi abandonné. La crise en Casamance avait entraîné des milliers de déplacés au fil des décennies. Après des décennies d’exil et suite à des opérations de sécurisation, des habitants reviennent dans leur terroir. L’Etat, à travers le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNASM) et l’Agence nationale de la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), joue sa partition dans la restauration du climat de confiance.

Bissine sous un vent de renouveau

Le vent de l’espoir souffle au-dessus de Bissine. Les habitants sont revenus de loin grâce à l’armée, à l’ANRAC, à la Croix Rouge, Sénégalaise, au PUMA, à l’USAID, au PUDC, H.I, au CNAMS, à l’ONG APPREND. Ce retour est l’œuvre de toutes ces institutions et organisations. Certaines ont œuvré dans la sécurisation, d’autres ont travaillé dans la construction d’infrastructures. « Ces organisations ont assuré notamment la sécurité, et en mettant en place les infrastructures de base nécessaires pour l’amélioration des conditions d’existence des habitants de Bissine », a laissé entendre le président du comité de développement de la localité, El Hadji Kabir Mané.

Bissine était un signe d’insécurité depuis une trentaine d’années. Il fallait connaître le terrain pour s’y aventurer. C’est pour cela, que le déminage a précédé le retour des habitants et aujourd’hui, la page est tournée. Ici, on pense au développement, à la construction des infrastructures. Une école élémentaire, un poste de santé, un mini-forage ont été construits au milieu des maisons conventionnées. Bref, le visage du village a changé. Les clés de 7 maisons déjà réalisées dans le cadre de ce programme ont fait l’objet de réception. Ces transformations en cours ont nécessité une visite organisée par l’ANRAC et le CNAMS pour montrer aux partenaires techniques et financiers de l’Etat, que les lignes bougent dans ce village jadis abandonné.

L’espoir à Basséré malgré tout

Basséré se reconstruit. Le village était dépeuplé, durant des décennies. C’est une zone de combat. Basséré a été déserté. Après le ratissage de la zone, quelques maisons sortent de terre. C’était impensable, il y a quelques décennies. « Un retour progressif après le ratissage de l’armée, le village retrouve peu à peu ses habitants, quelques maisons sortent de terre », partage Louis Batiga, président du Collectif des chefs de village de Niassya. Toutefois, il reste une importante zone à déminer. Le village n’est pas encore totalement sorti de la zone rouge. Il y a de réels risques de tomber sur des mines. Depuis 2022, le CNAMS mène des opérations déminage. « Les opérations de déminage se poursuivent dans ces différentes zones de la commune de Niassya. Toutes les zones ne sont pas encore déminées pour qu’elles soient réutilisées », informe Ibrahima Seck, le chef de la Division des opérations et de la Gestion de l’Informations au CNAMS. Une superficie estimée à 50.000 m2 a été inspectée et dépolluée. « Il faut beaucoup de ressources financières pour accélérer le déminage », a plaidé le chef de division des opérations du CNAMS. C’est le déminage qui ouvre la voie au retour des populations dans des villages abandonnés.

D’où l’urgence pour les partenaires techniques et financiers et l’Etat du Sénégal d’aider à trouver des moyens pour intensifier des opérations et construire des infrastructures. « Il est impératif que l’État et ses partenaires surtout accompagnent la sécurisation et le retour des déplacés et la réinsertion économique et sociale », a plaidé Ansou Sané, le Directeur de l’ANRAC. Pour lui, il faut davantage créer les conditions de retour des populations.

La vie reprend peu à peu ses droits à Bissine et Basséré. Et, les institutions qui sont sur le front pour accélérer ce retour croient que la visite organisée pourrait contribuer à catalyser la mobilisation des ressources financières supplémentaire.« J’espère que les visites de ces localités avec des partenaires techniques et financiers aura des retombées positives dans le cadre de ces deux programmes d’urgence », a estimé Ansou Sané.

Le déminage total de la Casamance et le retour définitif des populations déplacées dans leur terroir sont deux impératifs, dans la marche vers la paix définitive dans cette partie du pays.