CAN 2024: « ENCORE UNE DEMI-HEURE DE VOL ET NOUS SERIONS TOUS MORTS », LE SÉLECTIONNEUR DE LA GAMBIE RACONTE L’INCIDENT EN AVION

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CAN 2024: « ENCORE UNE DEMI-HEURE DE VOL ET NOUS SERIONS TOUS MORTS », LE SÉLECTIONNEUR DE LA GAMBIE RACONTE L’INCIDENT EN AVION



Plusieurs joueurs de la sélection gambienne ont été pris de malaise après une panne d’oxygène dans la cabine de leur avion, qui a finalement fait demi-tour. Les Scorpions doivent affronter le Sénégal, ce lundi, pour leur entrée dans le tournoi.

Grosse frayeur pour la sélection gambienne. En partance pour la Côte d’Ivoire où ils s’apprêtent à disputer la Coupe d’Afrique des nations (13 janvier-11 février), plusieurs joueurs et membres du staff ont été pris de malaise à bord de leur avion. Le pilote a dû faire demi-tour au bout d’une dizaine de minutes de vol.

En cause, un défaut d’approvisionnement en oxygène de la cabine. « Nous aurions pu tous être morts, a déploré Tom Saintfiet, l’entraîneur de l’équipe au média belge Nieuwsblad. Nous nous sommes tous évanouis rapidement. Moi aussi. J’ai fait de courts rêves sur la fin de ma vie. Vraiment. Au bout de neuf minutes, le pilote a décidé de revenir car il n’y avait pas d’alimentation en oxygène. Certains joueurs ne se sont pas réveillés immédiatement après l’atterrissage. Nous avons failli être intoxiqués au monoxyde de carbone. Encore une demi-heure de vol et nous étions tous morts. »

« De graves maux de tête et des vertiges extrêmes »
« Dès que nous sommes entrés dans le petit avion qui avait été loué, nous avons remarqué l’énorme chaleur qui nous a fait transpirer », abonde le joueur Saidy Janko sur les réseaux sociaux. Et poursuit : « l’équipage nous a assuré que l’air conditionné se mettrait en marche dès que nous serions dans les airs. Mais la chaleur inhumaine, combinée au manque croissant d’oxygène, a donné à beaucoup de personnes de graves maux de tête et des vertiges extrêmes. De plus, d’autres se sont profondément endormis quelques minutes après être entrés dans l’avion ou avoir décollé. »

S’il s’est dit « reconnaissant que tout le monde se sente bien », celui qui évolue aux Young Boys de Berne (Suisse) a déploré une « situation inacceptable ». Joueurs et membre du staff doivent redécoller ce jeudi vers la Côte d’Ivoire.

C’est dans un contexte de tension que la Gambie se dirige vers la Coupe d’Afrique des nations. À la grande colère des fans, les joueurs ont boycotté le dernier entraînement prévu dans leur pays. Leur raison ? Ils réclamaient une prime de 38 millions de dalasis (500 000 euros environ pour l’ensemble du groupe) afin de récompenser leur qualification.

Les joueurs avaient déjà reçu 5 000 euros chacun pour leur participation à un stage d’entraînement en Arabie saoudite début janvier, a expliqué Bakary Y. Badjie, le ministre des Sports gambien. Ils avaient aussi renoncé à une prime de qualification en échange de passeports diplomatiques, a-t-il ajouté. « Malheureusement, maintenant qu’ils ont le passeport diplomatique, ils veulent l’argent », a dit M. Badjie.

Premier match contre le Sénégal ce lundi
Celui-ci a ensuite reconnu son impuissance face à ce qu’il a présenté comme une situation courante dans le football africain. « Parfois, quand vous vous retrouvez dans une situation comme celle-là que vous pouvez appeler comme vous voulez – du chantage ou le fait qu’on vous torde le bras – vous cédez dans l’intérêt du pays », a-t-il relevé.

L’affaire est remontée jusqu’au chef de l’État, Adama Barrow, en déplacement à l’étranger. « Il a donné pour instruction qu’on paie pour qu’on s’en tienne au plan, qui est d’aller en Côte d’Ivoire et faire de notre mieux », a dit le ministre.

Le capitaine des « Scorpions », Omar Colley, a confirmé mercredi auprès des médias locaux, avant de prendre l’avion pour la Côte d’Ivoire, que les 38 millions de dalasis avaient été versés. La Gambie, pays anglophone pauvre d’environ 2,5 millions d’habitants, joue son premier match lundi contre le voisin sénégalais, champion en titre. Le Cameroun et la Guinée sont dans le même groupe C.

leparisien