Bloqués en Mauritanie depuis 3 mois: La police disperse le sit-in des Sénégalais devant leur ambassade

Bloqués en Mauritanie depuis plus de 3 mois à cause de la fermeture des frontières suite au coronavirus, quelque 3000 Sénégalais se sont inscrits au niveau de l’ambassade du Sénégal à Nouakchott dans la perspective de pouvoir regagner leur pays d’origine.
Parmi eux, des résidents travailleurs, des  commerçants et autres « transitaires » qui y étaient momentanément pour leurs activités. Ils veulent être rapatriés comme tous les autres qui l’ont été depuis la sous-région et l’Europe, rapatriés par la route car n’ayant pas de moyen pour payer un billet d’avion. Ce matin, la police est intervenue pour disperser leur manifestation pacifique tenue devant les locaux de l’ambassade du Sénégal à Nouakchott.
En effet, suite aux opérations de rapatriement des Sénégalais de la diaspora, lancée par l’Etat du Sénégal il y a quelques semaines, quelque 3125 Sénégalais bloqués en Mauritanie se sont inscrits au niveau de l’ambassade de leur pays à Nouakchott afin de pouvoir regagner leur pays d’origine. Selon nos sources établies sur place, ces sénégalais n’ont plus de moyens de subsistance et ont de sérieuses difficultés d’hébergement. Si parmi eux certains ont reçu une aide, la majorité vit un vrai calvaire dans ce pays limitrophe à quelque 600 km de Dakar, 300 km de Saint Louis. D’ailleurs, ils ont organisé un sit-in ce mardi 07 juillet 2020 à 09 h devant l’ambassade du Sénégal à Nouakchott et ont été dispersés par la police mauritanienne.
« Nous avons donné nos cartes d’identité pour nous inscrire, cela fait 15 jours qu’on nous a recensés ». Mais, regrettent-ils, « depuis lors, notre situation n’a pas évolué. Les policiers ont dit que l’ambassadeur les a appelés pour nous déguerpir », confie l’un d’eux, qui a joint Seneweb.
« Mon épouse est bloquée là-bas depuis trois mois, je suis obligé de partager ma pension de retraire avec elle. La Mauritanie c’est à coté. Pourquoi cette inertie ? », s’interroge un autre interlocuteur, joint au bout du fil. Il explique : « 1686 Mauritaniens qui étaient au Sénégal ont passé la frontière pour rentrer en Mauritanie. Il y a eu arrangement avec les autorités sénégalaises. Ici, il y a un avion des Nations unis disponible pour rapatrier les Sénégalais, mais il faut payer 500 euros. Comment peut-on laisser des concitoyens dans cette situation, sans moyens, je ne comprends pas! », s’indigne le retraité.
Sarr, un des Sénégalais bloqués en Mauritanie, décrit une situation alarmante : « On n’a pas de salaire depuis le mois de mars. Certains ont reçu l’aide Covid (31400 ouguiyas, soit 50.000 frs Cfa), d’autres non. Il y a ici des Sénégalais qui ont recours à la mendicité, certains ont été exclus de leurs logements, là où d’autres ont été traînés à la police par leurs bailleurs pour non paiement de loyers ».
Etant donné que les voies terrestres restent toujours fermées, seuls ceux qui sont à Rosso ont pu rentrer au Sénégal. « Il est impossible de quitter Nouakchott pour Attar, ou de Attar à Rosso, personne ne peut se déplacer dans les régions ici et les frontières sont de nouveau fermées », regrette-t-il. En attendant, peut-être, la réaction rapide de autorités sénégalaises pour les faire regagner le pays.