Appli stop-Covid : vous pourrez la télécharger le 2 juin

L’application Stop-Covid est validée par le Parlement. Déployée le 2 juin, vous pourrez la télécharger à partir de cette date. Cette application contestée est censée aider à limiter la propagation du coronavirus. Comment fonctionne-t-elle ? Est-elle obligatoire ? Explications.

L’application Stop Covid sera finalement disponible mardi 2 juin à midi. « On a besoin qu’un maximum de gens l’ait » et « ce qu’on vise d’abord, ce sont les personnes qui vivent dans les villes parce que ce sont elles qui font circuler le virus », a expliqué ce week-end Cédric O sur Radio J avant ce citer ceux « qui prennent les transports en commun, les personnes qui vont dans les restaurants ou qui vont dans les supermarchés aux heures de pointe ».
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Débats passionnés, mais double feu vert au Parlement. Après l’Assemblée Nationale, c’est le Sénat qui a approuvé dans la nuit du 27 au 28 mai cette application qui doit aider à briser les chaînes de contamination au Covid-19.

L’application est prête. Des tests ont été menés sur une centaine de modèles de smartphones, en conditions réelles, avec l’aide d’une soixantaine de militaires. La conclusion : StopCovid fonctionnerait « très bien sur les smartphones qu’ils soient sous Android et sous iOS ».
Comment fonctionne StopCovid ?

Depuis le 11 mai, la sortie de confinement est conditionnée par le dépistage des personnes symptomatiques et le traçage des « cas contact » via des équipes dédiées ainsi que par le maintien des gestes barrière. Olivier Véran a annoncé en complément, le déploiement d’une application pour repérer les personnes contaminées autour de soi. Objectif : limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission.

Concrètement, l’idée est de pouvoir prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif afin qu’elles puissent se faire tester, et si besoin être prises en charge très tôt, ou bien de se confiner. StopCovid permettra à un utilisateur de savoir s’il a croisé une personne porteuse du coronavirus, au moyen de la fonction Bluetooth du téléphone. Ces « cas contact », croisés à moins d’un mètre pendant un quart d’heure, seront invités à être testés et isolés pendant une quatorzaine. En cas de test positif, l’utilisateur pourra se déclarer porteur du virus à son tour sur l’application.

Les données seront « pseudonymisées » et supprimées au bout de 14 jours. En outre, l’application s’arrêtera six mois après la fin de l’état d’urgence sanitaire.
L’application est-elle obligatoire ?

L’application StopCovid fonctionnera sur la base du volontariat. Elle n’est pas obligatoire et pourra être désinstallée si l’utilisateur le souhaite. Pour autant, elle ne sera efficace que si un grand nombre de personnes y est connecté. Dans l’idéal, au minimum 60% de la population, selon une étude de l’université britannique d’Oxford.
Est-ce une application de traçage numérique ?

Le projet est contesté et suscite des résistances. Le traçage numérique impliquerait en effet une « surveillance » contraire au respect de la vie privée. Le Conseil de l’Ordre du barreau de Paris a exprimé son inquiétude via un communiqué ce 27 mai. Il alerte sur « les risques d’attente aux droits et libertés fondamentaux pour tout utilisateur de l’application ‘StopCovid' » et « invite les confrères à ne pas installer cette application ».

Les partisans de cette application estiment cependant que le recours au Bluetooth est plus protecteur pour la vie privée que la géolocalisation. Stop Covid ne se base pas sur nos données GPS, comme peuvent le faire les applications de rencontre type Happn. Elle fonctionne de façon similaire, mais grâce au Bluetooth de nos smartphones. Aussi, aucune donnée de géolocalisation précise n’est utilisée, juste une notion de proximité.

« Elle retracera l’historique des relations sociales qui ont eu lieu dans les jours précédents, sans permettre aucune consultation extérieure, ni transmettre aucune donnée. Lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique. Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne seront prévenus de manière automatique », a expliqué le Secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O.
Qu’en pense la CNIL ?

Dans son avis publié mardi 26 mai, la Cnil estime que l’application respecte les différentes dispositions législatives relatives à la protection de la vie privée.

L’absence de localisation et le caractère provisoire et volontaire de cette application, rassurent la CNIL. Elle demeure toutefois vigilante concernant la protection de la vie privée et des données personnelles. Aussi, elle formule quelques recommandations pour sa mise en place. Elle demande une « amélioration de l’information fournie aux utilisateurs, en particulier s’agissant des conditions d’utilisation de l’application et des modalités d’effacement des données personnelles ». La Cnil préconise également « une information spécifique pour les mineurs et les parents des mineurs », et la confirmation dans le décret à venir sur l’application « d’un droit d’opposition et d’un droit à l’effacement des données pseudonymisées enregistrées ».
Une application fiable et efficace ?

Reste à savoir si le projet sera réellement utile et efficace. En effet, ce 14 avril, à l’occasion d’une audition devant la commission des affaires économiques du Sénat à propos de l’application de tracking, Cédric O. s’est dit « optimiste mais pas totalement certain » de l’utilité du projet. Le problème ? La technologie Bluetooth ne permettrait pas en soi de mesurer exactement la distance entre deux smartphones et donc de savoir s’il y a un réel risque de contamination ou non entre les porteurs des appareils.

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