Alioune Ndoye : «En 2019, seuls 47,8% des demandes de licences de pêche ont été acceptés»

Invité du magazine ‘’Le Point’’ de la Rts de ce mercredi 22 avril, Alioune Ndoye, ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, a révélé qu’en 2019, seuls 47,8% des demandes de licences de pêche ont été acceptées. «Aujourd’hui, ce qu’il faut noter, c’est que d’abord, Alioune Ndoye au moment où il parle, il n’a pas attribué une licence nouvelle de pêche à un tiers. Deux, la procédure, c’est-à-dire la consultation de cette commission est en tout cas dans nos textes, il faut le faire, et c’est ce que nous avons fait. Nous avons adressé cela à l’ensemble des membres (du GAIPES : Ndlr), nous en avons un qui a pensé que c’est en mettant une sorte de cabale médiatique qu’on peut en tout cas modifier ou nous amener à surseoir», a-t-il renseigné. Avant de préciser qu’aujourd’hui, le Sénégal est en accord de pêche avec l’Union européenne sur les espèces dénudées et dont les quotas à pêcher pour chaque pays sont discutés. Il a également des accords de pêche avec le Cap-Vert (une licence), la Gambie, la Mauritanie, entre autres.

«Une cabale qui n’a pas sa raison d’être»

Pour lui, ces «agissements» des membres du GAIPES (Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche au Sénégal) ne sont rien d’autres qu’«une cabale qui n’a pas sa raison d’être». «Le président du GAIPES, quand vous lisez son document, vous avez l’impression qu’il m’a écrit et j’ai pas répondu. C’est un SMS qu’il m’a envoyé en pleine nuit et je lui ait répondu dans ce SMS en toute honnêteté qu’au moment où je lui répondais, je n’avais pas le fond du dossier. Mais, je lui demandais de répondre techniquement, ça me permettra de mieux asseoir ma décision dans un sens ou dans l’autre», a-t-il informé.

«Des gens responsables des heurts et des malheurs qui ont eu à Saint-Louis»

A en croire le ministre, il y a des personnes qui sont liées aux affrontements entre pêcheurs et forces de l’ordre qui se sont passées récemment à Saint-Louis. Il dit : «Je voudrais bien que les gens fassent du business mais, il ne faut pas penser que nous sommes les seuls à devoir faire du business au Sénégal. Nous sommes équidistants. Nous sommes là pour préserver l’intérêt de tous les Sénégalais. Et nous sommes là aujourd’hui pour développer un secteur et pour préserver les intérêts de ce secteur, notamment sa ressource à moyen et long terme. Et cette ressource, quand je vois ce genre de pratique, je dis, ceux-là ne militent pas pour la préservation de la ressource. En tout cas leurs actes disent le contraire. Donc, il faudrait quand même que les gens sachent raison garder et arrêter un peu cette forme. Je vois des gens, qui étaient déjà responsables des heurts et des malheurs qui ont eu à Saint-Louis, remonter au créneau. Parce que, ceux-là sont financés. Vous les verrez faire le tour des médias pour encore raconter les mêmes choses. Ce n’est pas acceptable dans ce pays. On ne peut pas fonctionner sous la pression, sous la menace. Ce n’est pas possible ! Ce chantage-là, il ne peut prospérer quand il s’agit de défendre les intérêts de la population»!

Le coût d’une licence est calculé en fonction de la touche brute du navire

Interpellé sur la question de savoir combien coûte une licence de pêche, Alioune Ndoye dit qu’il aura du mal à répondre à cette question en tant que ministre. Parce que, soutient-il, «franchement je connaissais les premières licences qu’on m’a amenées, j’ai vérifié mais, c’est calculé en fonction de la touche brute du navire. Suivant sa capacité, il y a un coût qui est payé à la tonne».

Les armateurs, premiers responsables du pillage des ressources

Alioune Ndoye a par ailleurs soutenu que les armateurs du GAIPES sont les «premiers responsables du pillage des ressources halieutiques dans le pays car, il n’y a qu’eux qui pêchent dans nos côtes».

Confirmant que le Sénégal a des problèmes de moyens pour bien surveiller son espace maritime, le ministre de la Pêche estime que les acteurs doivent «coopérer avec son ministère pour aider à protéger» nos ressources halieutiques.