Affaires Locafrique et Carrefour Automobiles : Le Doyen des juges blanchit Khadim Bâ

Rebondissement spectaculaire! Khadim Bâ a été blanchi dans les affaires Locafrique et Carrefour Automobiles qui l’opposent à son père Amadou Bâ. Selon les Libération et L’Observateur, le Doyen des juges lui a accordé, hier, un non-lieu, s’opposant ainsi au réquisitoire du parquet qui réclamait la tenue d’un procès. Une décision de justice qui a une incidence directe sur la gestion de la Société africaine de raffinage (Sar).
La terre a tremblé, hier, sous les pieds d’Amadou Bâ, père de Khadim Bâ, Directeur général de Locafrique. La secousse est d’une telle intensité qu’elle anéantit les plans du pater qui avait, pourtant, crié victoire, le jeudi 24 septembre 2020, après l’installation ratée de ses hommes au Conseil d’administration de la Société africaine de raffinage (Sar). Un séisme qui risque d’avoir des conséquences insoupçonnées. Accusé de faux et usage de faux, association de malfaiteurs, abus de biens sociaux et escroquerie, le patron de Locafrique a été entièrement blanchi par le Doyen des juges près le Tribunal de grande instance de Dakar dans cette procédure ouverte à la suite d’une plainte déposée par son père Amadou Bâ.
Dans l’avis de l’ordonnance rendue, le Doyen des juges Samba Sall renseigne à Me Mouhamed Seydou Diagne, avocat de Khadim Bâ, avoir rendu, le 29 septembre 2020 (hier mardi), une ordonnance de non-lieu dans cette dite procédure. La mère de Khadim (Oumou Guèye) son frère (Alioune Badara Guèye) et ses deux sœurs (Fatou Kiné Bâ et Ndèye Khady Bâ) qui étaient aussi dans cette procédure ont bénéficié de non-lieu. De même que les collaborateurs du Directeur général de Locafrique Ibrahima Diakhoumpa et Abdou Karim Diop, eux aussi inculpés dans le cadre de cette procédure.
Toutes ces personnes ont été blanchies par le Doyen des juges. Ce qui est un rebondissement spectaculaire dans cette bataille judiciaire entre père et fils. Amadou Bâ, patron de Carrefour automobiles qui l’accuse d’avoir utilisé de manière illicite sa richesse. Ce qui avait justifié les deux plaintes qu’il avait déposées contre son fils. L’une des plaintes a été déposée à la Section de recherches pour cession frauduleuse des actions de Locafrique. L’autre a atterri sur le bureau du Doyen des juges pour faux, usage de faux en écritures privées de commerce.
Carrefour automobiles détenait 99% des parts de Locafrique, mais en 2016, des problèmes sont survenus dans l’entreprise. Amadou Bâ accepte alors de se retirer, surtout qu’il était malade, laissant ses actions aux membres de sa famille. Des sources proches de cette affaire estiment qu’il en a donné à sa femme, à ses fils et filles. Sur cette base, les partenaires convoquent une nouvelle assemblée générale à la suite de laquelle il a été décidé de mettre Alioune Badara Bâ à la tête de Carrefour Automobile et de confier les rênes de Locafrique à Khadim Bâ. Après quelques années, il y a eu des rapports d’audit. Des commissions bancaires (Bceao) ont toutes décelé des déficits financiers à Carrefour Automobiles, parce qu’il n’arrivait même plus à payer les charges fixes. Ce qui justifie la plainte qui a été déposée contre lui.
Amadou Bâ contre-attaque en portant plainte contre ses enfants et son épouse. Il disait qu’il n’a jamais signé pour donner ses actions et que sa signature a été imitée. « C’est ce qui est à l’origine de tous les problèmes dans cette affaire », soufflent des sources judiciaires. Ainsi Khadim Bâ, sa mère et ses deux sœurs ont été inculpés et placés sous contrôle judiciaire. AmadouBâ sollicite alors la prise de mesures conservatoires qui limiteraient les actions de son fils. C’est le début des perturbations à Locafrique. Amadou gagne des batailles, obtenant des ordonnances dans ce sens. Mais depuis hier, la tendance s’est renversée et la Justice a tranché en faveur de KhadimBâ. Le Doyen des juges a conclu que le Directeur général de Locafrique n’a commis ni faux ni escroquerie, ainsi que tous les autres membres de la famille. Ils sont blanchis, parce que le protocole a été signé par Amadou Bâ. Donc, ce qui signifierait qu’il n’a plus d’actions dans les deux sociétés.