Affaires Khalifa – Karim : Le « prisonnier » Macky se libère !

L’ex-maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, a humé l’air de la liberté ce dimanche 29 septembre, tard dans la soirée. Soixante douze heures avant cette libération pour le moins inattendue, le Sénégal vivait les poignées de main historiques entre l’ancien Président de la République, Me Abdoulaye et l’actuel locataire du Palais de Roume, Macky Sall.

C’est en un temps record que le Président de la République, Macky Sall a pu desserrer l’étau autour de lui. En réalité, le patron des marron-beige était coincé entre le marteau d’une frange des militants du Parti socialiste (Ps), dont Khalifa est le porte étendard et une autre du Parti démocratique sénégalais (Pds). En tout, cela aura duré au moins quatre longues années – de la condamnation de Karim Wade en 2015 à la libération de Khalifa Ababacar Sall en 2019 – au cours desquelles la tension politique est restée vive.

Karim Wade

Les assauts répétés de l’ancien Président de la République. Macky Sall en a subi fortement. Telle une « patate chaude », l’incarcération de ces deux leaders politiques « xxl » a mis le camp présidentiel sens dessus-dessous. Me Abdoulaye Wade – dont le fils prodige – vit en exil à Doha (Qatar), n’a jamais daigné jouer la carte de l’apaisement. Nombreux ont été ses discours pour le moins fracassants- sur l’affaire dite de Arcelor mittal – impliquant , pour une affaire de « pots-de-vin » Macky Sall et son ministre de l’Intérieur Aly Ngouye Ndiaye. Des révélations sur des supposées frasques de Macky Sall. Des appels – brûlure des cartes électeurs – à la révolté et à la violence…

Khalifa Sall

La bataille a été rudement menée du côté des pro-Khalifa Ababacar Sall. Pour seulement un peu plus de deux ans de détention de leur mentor, les mouvements de soutien se sont multipliés comme jamais. De « And Dollel Khalifa » en passant par le mouvement citoyen « 1000 Jeunes en soutien au Maire », le Front Citoyen pour la Libération de l’Otage Politique Khalifa SALL FCLOP, jusqu’au Mouvement KAS « Les Khalifistes Actifs du Sénégal, entres autres, les responsables du Ps, tel que le maire de Mermoz Sacré-cœur – avec ses discours souvent incendiaires – sont un cheveu de plus dans la soupe.

Pression

Visiblement, le Président de la République Macky Sall était sensible aux attaques répétitives des deux camps majeurs d’en face. De pression en pression, les conséquences se sont fait sentir jusque dans la communication de la Présidence. Le Président de la République semblait se chercher à chaque fois que de besoin, pour évoquer les lancinants dossiers.  « Je ne peux pas discuter de ce que dit la presse par rapport à la grâce. Le jour où j’en aurai la volonté et le désir – de gracier Khalifa Sall -, je le ferai, comme j’ai eu à le faire annuellement pour plus de cent voire un millier de personnes par an qui en moyenne, bénéficient de la grâce. Justement nous voulons revoir notre système pénal pour réduire le nombre de personnes en prison dans ce cadre-là« , disait le chef de l’Etat lors d’une interview accordée à Rfi, en marge du sommet du G7. Peu avant doit-on rappeler, lui-même prétextait ne pas pouvoir accéder à une quelconque demande de libération de Khalifa Sall en raison de la procédure en cours. A l’occasion des grâces présidentielles de l’Aid El-Kabir, le débat vire, contre toute attente, à une demande qui aurait due être prescrite – tout simplement par des avocats ou proches – de l’édile. Dès lors, la libération de l’ex-député-maire ne tenait qu’à un fil. Restait à le trouver !

Massaikul Jinaan

Une aubaine pour « le prisonnier » Macky Sall. En réalité, l’actuel locataire du Palais de Roume ne pouvait s’attendre à mieux que l’inauguration de cet Mosquée. Tant l’événement était incommensurable saillant, du point de vue symbolisme socio-religieux . Le chef de l’Etat a écourté son voyage aux Etats-Unis où il prenait part à l’AGNU 74 pour venir profiter de l’union des cœurs. Coup réussi ! Il en profitera pour « décrisper » – aidé en cela par le Khalife général des mourides – Serigne Mountkha Bassirou Mbacké, la tension sociale et politique. Il reste seulement à couper l’herbe sous les pieds. Et l’homme semble être assez mûr politiquement pour savoir comment gérer avec tact la question dite du recouvrement des droits civiques de Khalifa Ababacar Sall et « l’exil » de Karim Wade. N’est-ce pas lui qui a promis à Wade de revenir lui rendre visite, après l’avoir déposé chez lui à la suite de l’inauguration de la Mosquée Massalikul Jinaan?