Affaire Cissé Lô: L’œil d’un sociologue: “Politique n’est pas injure”, selon Amadou Sarr

Les insultes de Moustapha Cissé Lô envers  des autorités (Farba Ngom et Yakham Mbaye) de l’Alliance pour la République ( APR) ont suscité beaucoup de bruits sur la toile. Livrant ses impressions, le sociologue Amadou Sarr rappelle à nos élites que politique n’est pas synonyme d’injure.

Effet de surprise

Le sociologue Amadou Sarr, choqué face aux injures de Moustapha Cissé Lô. Pour lui, “c’est un effet de surprise qu’une autorité qui a incarné des postes à l’Assemblée nationale et à la CEDEAO puisse tenir de tel propos. Quel que soit le contentieux au niveau du parti dont il est membre, il aurait dû régler ses choses au niveau du parti plutôt que porter l’affaire dans l’espace public”, a-t-il regretté.

Nos politiques sont malades

“Nos hommes politiques doivent comprendre que la politique n’est pas synonyme d’injure. Mais, la façon de faire la politique est folklorique chez nous. De sorte que, si les gens ne font pas des injures , il n’y a pas des apostrophes. On a l’impression que les ingrédients ne sont pas au rendez-vous. C’est une pauvreté d’esprit de penser ainsi”, a-t-il martelé, avant d’ajouter : “En réalité, l’urgence du moment, les exigences au niveau du développement économique et sanitaire devaient amener à nos hommes politiques à avoir une autre logique de penser différemment à celles qu’il véhicule en ce moment”, conseille le sociologue.

Le Sénégal est mal barré

Le Sénégal est mal parti, soutient le professeur qui souligne : “c’est dommage! Si les gens qui nous gouvernent sont à l’image de cet homme (Moustapha Cissé Lô) qui est à l’origine des injures, le Sénégal est mal barré. On est complètement f…”, a-t-il rétorqué. Il précise que cette affaire d’injure ne commence pas aujourd’hui dans notre champ politique. ” c’est devenu une constance dans la politique. En effet, c’est depuis Senghor en passant  par Abdou Diouf, Abdoulaye Wade jusqu’à Macky Sall. Il faut que cela change”.

Conseil au président Macky Sall

Selon lui, la faute incombe au président de la République. “Les alliés politiques doivent être choisis. Il faut faire un bon recrutement. On ne peut pas prendre qui on veut pour lui donner des postes de responsabilités. Il faut des acteurs engagés. Le président recrute mal et il a intérêt de revenir sur le recrutement des hommes qui il compte pour gouverner sur ce qui lui reste de son mandat.”