Abou Bakr Al-Baghdadi : Une fin «sang» visage

C’était l’homme le plus recherché au monde. Sa tête était mise à prix : plus de 20 millions d’euros. Le 26 octobre dernier, le chef de Daech a été tué par des raids américains, dans le nord-ouest de la Syrie. «Abou Bakr Al-Baghdadi est mort (…) Il a déclenché sa veste (d’explosifs) se tuant, ainsi que trois de ses enfants. Il n’est pas mort comme un héros, il est mort comme un lâche», s’enorgueillit Donald Trump, dont l’une des plus grandes priorités de l’administration était de «capturer Al-Baghdadi», considéré comme l’ennemi public n°1, cultivant harmonieusement l’art de la discrétion et du silence. 
Ses soldats le surnommaient «le Fantôme». Entre 2014 et 2019, il n’aura fait que deux apparitions publiques, à travers des vidéos de propagande. La première, en juillet 2014. Abou Bakr se proclame alors chef de l’Etat islamique, après avoir rompu avec Al Qaida. C’était le vendredi 4 juillet 2014, à la grande mosquée de Mossoul, en Irak. Dans la foulée, il se pare d’un vaste territoire entre l’Irak et la Syrie, et d’une armée de pas moins de 50 000 hommes. A son actif, plusieurs attentats en Afrique, en Asie, en Europe (à l’image des attentats de Paris en 2015) et en Amérique. 
Un changement radical
 Ibrahim Ali al-Badri de son vrai nom, le calife de l’Etat islamique, est né le 28 juillet 1971 à Falloujah, en Irak. Pour beaucoup de personnes qui l’ont connu jeune, la volte-face d’Al-Baghdadi a été plus que spectaculaire. 
«Il était un passionné de football. Mais maintenant il interdit ce qu’il faisait», confie un de ses anciens voisins à l’équipe d’’’Enquête Exclusive’’. Mais Al-Baghdadi a toujours rêvé d’être imam. «Nous l’autorisions à diriger certaines prières, parce qu’il maîtrisait parfaitement le Coran. Mais quand il s’est autoproclamé émir, on n’y a pas cru. Il était très pauvre. Quand je l’ai appris, je me suis dit que c’est un mensonge», martèle l’imam de la mosquée de Samarra. Avant cela, Abou Badr a du faire des études en théologie, à Bagdad. 
Bonjour la métamorphose. «On jouait au foot ensemble. Mais après, il s’est replié sur lui-même. Il est devenu colérique. Il a abandonné la belle vie, pour s’orienter vers la mauvaise voie. Un jour, il y avait un mariage dans le quartier. Il s’est bagarré avec les invités parce que, selon lui, la mixité entre les deux sexes était un péché», confie à la chaine M6 un de ses anciens camarades, sous le couvert de l’anonymat. En 2003, le combattant intègre l’insurrection sunnite. 
Capturé par les Américains, il est finalement libéré en 2009. Puis, il rejoint Al Qaida avant son départ de l’organisation en 2013, deux ans après la mort de Ben Laden. De 2014 à 2019, il règne fièrement à la tête de l’Etat islamique… Sa dernière apparition remonte au mois d’avril dernier. Une vidéo aux allures d’adieu, puisque Abou Bakr Al-Baghdadi n’en fera plus, la grande faucheuse (américaine) est passée par là. Son corps immerge présentement en mer… comme ce fut le cas de celui de Ben Laden.