Abdoul Mbaye : « Le FCFA est une monnaie forte qui inspire confiance… »

Abdoul Mbaye était l’Invité de l’émission  « Invité Afrique » de rfi de ce jeudi 14 novembre 2019. Il a spécifiquement abordé avec le journaliste Français Boisbouvier, la question liée au franc CFA. 

Abdoul Mbaye répondait ainsi à la dernière sortie du président Béninois  Patrice Talon qui disait à rfi que la réforme du franc CFA vise « très rapidement à ce que les pays membres de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ne gardent plus de réserves de change auprès du Trésor français ».

Abdoul Mbaye met en garde

Abdoul Mbaye, en réponse à la requête de Patrice Talon, de dire d’emblée qu’il était surpris par le réponse du président Béninois. « J’étais surpris d’entendre une telle déclaration, parce que ça correspond à une réforme majeure du franc CFA, puisque retirer les réserves de la Banque Centrale auprès du Trésor français, c’est remettre en question le dispositif de garantie mis en place pour assurer la convertibilité du franc FCA, en cas d’absence de réserves détenues par la Banque centrale ».

Patrice Talon est allé plus loin

Abdoul Mbaye pense, en effet, « que le président Talon est peut être allé un peu loin. C’est peut être une piste de réforme, mais dès lors qu’il s’agit de questions délicates (il s’agit de question monétaire, je vous le rappelle), il est important, lorsqu’on commence à conduire de telles réformes, d’également évoquer les solutions alternatives. En matière de monnaie, il faut craindre les comportements d’anticipation qui ont malheureusement des effets terribles parfois massifs sur l’économie réelle. Je suis persuadé qu’il est allé un peu loin dans sa déclaration et dès lors qu’il s’agit d’une réforme majeure, peut être même la plus importante qui pourrait affecter le franc CFA, il aurait dû attendre une décision unanime de l’Uemoa pour faire une telle déclaration… ». 

Le franc CFA est monnaie forte

Selon le président béninois, la monnaie a une valeur technique et psychologique et sur le second plan, il est aujourd’hui nécessaire que le franc CFA change de domicile. Et pour Abdoul Mbaye « […] il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau de bain simplement parce que des personnes qui ne comprennent pas toujours tous les enjeux et même les mécanismes qui nous lient à la France exigent des réformes. On peut également rappeler qu’effectivement qu’il y a un aspect psychologique qui se rattache à la monnaie et qui est la conscience. Or (Regardez en Afrique de l’Ouest) le franc CFA est une monnaie forte. Il ne faut pas l’oublier. Vous avez des monnaies nationales qui existent dans plusieurs des pays de l’Afrique de l’Ouest mais dans ces pays le franc CFA est prisé, le franc CFA est utilisé comme moyen de thésaurisation. Donc sur le plan psychologique, il y a certes des activistes qui critiquent parfois (fort justement, je les rejoins parfois sur certains aspects de leurs critiques) mais la monnaie elle est une monnaie qui inspire confiance qui peut être considérée comme une monnaie forte au niveau de l’Afrique de l’ouest… »

Et sur l’arrivée de l’ECO

Répondant maintenant à la question de savoir si effectivement l’Eco, comme il est déjà annoncé, peut remplacer le Franc CFA en 2019, le président  du parti l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT) reste sceptique. « Le programme de remplacement du franc CFA par l’Eco n’est pas réaliste et il est impossible de tenir ce délais », a-t-il conclu sur rfi dans un audio décrypté et exploité par senego.