24 Août 2021 : Le Jour Où L’ex-homme Fort De Ndjamena, Hissène Habré, A Rendu L’âme

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24 août 2021 : Le jour où Hissène Habré a rendu l’âme
L’ancien président tchadien, Hissène Habré, est m**t en détention au Sénégal. C’était le 24 août 2021. Un an, jour pour jour, que l’ex-homme fort de Ndjamena a été terrassé par la maladie de la Covid-19.

‘’Des informations de la presse sénégalaise ont fait état que le président Habré a été contaminé à la Covid-19. Malheureusement, c’est bien le cas. Toujours est-il que le président Habré est conscient et les médecins se sont mobilisés pour le soigner. Il est dans un hôpital public sénégalais qui dispose d’un plateau technique de qualité à même de traiter un cas aussi sérieux. Je demande à nos parents, amis, familles et connaissances au Tchad, au Sénégal et ailleurs de faire des douas pour que Dieu assiste l’équipe médicale et protège le président Habré », avait fait savoir une de ses épouses, Fatimé Raymonde Habré.

Mais l’ange de la m**t avait déjà répondu présent au rendez-vous.

Condamné à la p****n à vie par la CAE de Dakar

Parti à jamais à l’âge de 79 ans, Hissène Habré a été chef d’État du Tchad de 1982 à 1990. Président de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (ACT), Abdoul Mbaye avait fait un témoignage, suite à sa disparition. «Il était intransigeant à l’égard de tout ce qui pouvait flétrir sa dignité et celle de son peuple. L’indépendance et la liberté n’étaient pas de vains mots pour lui. Il lui était impossible d’accepter les leçons venues de l’ancienne puissance coloniale (La Baule). Chef de guerre, il ne sera sans doute pas exempt de certains faits de guerre. Mais devenu chef d’État, nul ne peut lui reprocher d’avoir tué ou fait t**r un opposant, alors que plusieurs de ses collaborateurs seront massacrés après son départ du pouvoir.

Puis, il continue : ‘’En guerre avec la Libye, les prisonniers tchadiens pris par la Libye ne seront jamais rendus. Il fera, par contre, libérer les prisonniers libyens au Tchad, juste avant de quitter le pouvoir, craignant qu’ils puissent être rendus à la Libye avec risque d’y être exécutés comme possible monnaie d’échange. Devant quitter le Cameroun, sa première destination après avoir perdu le pouvoir, il choisit le Sénégal parmi les pays qui lui offraient l’asile.’’

Toutefois, pour l’ancien Premier ministre du Sénégal, «son pays d’accueil trahira le caractère sacré de l’asile».

En effet, Habré a été condamné, le 30 mai 2016, à la perpétuité devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE) de Dakar pour les crimes contre l’humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement. Après qu’une commission d’enquête tchadienne a chiffré à 40 000 morts le nombre des victimes de la répression sous le régime Habré.

Cependant, avec l’apparition du coronavirus, l’ex-homme fort de Ndjamena, Hissène Habré, est sorti de la p****n du Cap Manuel, le lundi 6 avril 2020. Une permission de deux mois lui avait été accordée, pour des raisons humanitaires. Il regagne sa cellule à la p****n du Cap Manuel de Dakar le dimanche 7 juin 2020.

Le variant Delta de la Covid-19, son pire ennemi

La Covid-19 ne recule pas. Avec la virulence du variant Delta, Fatimé Raymonde Habré finit par saisir la Raddho, le Forum du justiciable, Afrikajom Center, la Lsdh, l’Ondh, le Comité sénégalais des Droits de l’homme, Amnesty Sénégal au sujet de la santé du président Hissène Habré, le 2 août. ‘’A plusieurs reprises, je me suis adressée à l’opinion en général et exprimé ma préoccupation, mon angoisse quotidienne face aux risques de la Covid-19 pour le président, mais aussi pour moi-même. Je suis quotidiennement sur la route de cette p****n, confrontée sans cesse à un environnement que je ne peux rendre plus sécure, tellement les besoins sont constants. Vous vous êtes engagés dans la défense des Droits de l’homme ; cette mission s’inscrit aussi dans le respect de la dignité humaine. Aujourd’hui, la situation de la Covid est grave et les risques sont énormes, la contamination est incontrôlable et se poursuit dangereusement. Nos avocats ont exprimé leur préoccupation en révélant, à ma suite, que le président est hypertendu, diabétique. Autrement dit, il est en danger. Vous comprendrez aisément, qu’après huit années de p****n, de multiples tracasseries, de manque de soins adéquats, qu’il soit épuisé par cette détention et à bout. La hantise a fini de s’emparer de nous, dans ce contexte éprouvant et difficile avec le variant Delta qui effraye toute la population. Je sais que vous avez agi en posant une pierre dans cette affaire Habré, mais agir avec humanité, c’est faire aussi preuve de modération morale’’. 

Que nenni ! Car le 18 avril 2021, le juge d’application des peines a rejeté la demande d’autorisation de sortie de p****n de six mois pour Hissène Habré. Auparavant, quatre rapporteurs des Nations Unies se sont opposés à cette requête.

Toutefois, le droit-de-l’hommiste Alioune Tine n’est pas d’accord avec cette décision rendue. ‘’Je n’envisage pas de mettre Hissène Habré en liberté définitivement. Je parle du détenu qui a 78 ans, qui a les maladies de son âge. Lui accorder une demande de mise en liberté provisoire est une question humanitaire. Il a demandé six mois. Je pense que ce n’est pas demander la lune. Je suis en phase avec les victimes pour qu’elles aient leurs indemnités, mais j’estime qu’il (Habré) a des droits et il faut les respecter’’, a plaidé le fondateur d’Afrikajom Center et ancien président de la Raddho, le 25 avril 2021.

Habré enterré à Yoff

Quatre mois plus tard, le président tchadien est interné à la clinique du Cap, à quelques encablures de la p****n du Cap Manuel où il est incarcéré.  Finalement, il est évacué à l’hôpital Principal de Dakar, au Service de réanimation des malades de Covid-19 jusqu’à son dernier souffle.

L’Administration pénitentiaire de préciser aussitôt que l’ex-chef d’État tchadien n’a pas contracté le virus en p****n. 

Hissène Habré repose, depuis le jeudi 26 août 2021, au cimetière musulman de Yoff. Une volonté de la seconde épouse de l’ancien homme fort du Tchad, la Sénégalaise Fatimé Raymonde Habré. Là où la première épouse du défunt, la Tchadienne Fatimé Hachem Habré, avait demandé que son époux soit inhumé dans son pays le Tchad.