19 juillet 2019 : Il y a 92 ans, nous quittait Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké!

Il y a 92 ans jour pour jour que le fondateur du mouridisme a quitté ce bas monde. En effet, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké a été rappelé à Dieu le 19 juillet 1927 à Diourbel.

Sa disparition survint, selon Toubamontel, au cours de cette journée de mardi où le fils aîné et futur successeur du Cheikh, Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké et son oncle Cheikh Balla MBACKE découvrirent le saint homme étendu sur le sable d’une case de sa concession où il aimait à se retirer. Cheikh Moustapha fit alors montre de cette vertu de lucidité et de tempérance, qui allait d’ailleurs marquer son Califat, en organisant dans une discrétion absolue son inhumation à Touba, en conformité avec les voeux du disparu.
Selon toujours la source, l’Administration coloniale, peu encline à cet ensevelissement à Touba susceptible de favoriser l’essor de la Mouridiyah en transférant son noyau hors de Diourbel, sembla dépassée par la précipitation des événements. Une fois mise au courant, elle intervint cependant en mettant sous scellés le patrimoine du défunt et en nommant une commission chargée de sa surveillance.

Né à Mbacké-Baol, ville fondée par son arrière-grand-père Maharame Mbacké dans le royaume de Baol, fils du marabout de la confrérie de la Qadiriyya – la plus ancienne du Sénégal – Mame Momar Anta Sali Mbacké, et de Mame Diarra Bousso, Ahmadou Bamba est un musulman soufi ascétique et mystique qui écrivait sur le tawhid, le fiqh et le tassawouf ainsi que la grammaire. Il est également l’auteur de nombreuses fatwas au Sénégal et en Mauritanie (notamment sur la théologique islamique et la récitation du coran). La plus grande partie de son œuvre écrite est mystique et consacrée principalement à la glorification de Dieu, des prières et éloges sur le prophète Mahomet.
Il prêche avec succès la paix et promet le salut à ses disciples qui se seraient conformés à ses recommandations qui sont celles de Dieu et de son prophète dans l’islam. Il fonde la ville de Touba (Sénégal) en 1887. Plusieurs guides religieux qui voyaient leurs disciples rejoindre Cheikh Ahmadou Bamba cherchèrent alors à susciter la méfiance des colons à son égard en lui prêtant des intentions de jihad. Il est convoqué par les autorités coloniales, qui le font séjourner dans une cellule à Saint-Louis, siège du gouverneur de l’Afrique-Occidentale française (AOF), avant de l’envoyer en exil, en 1895, au Gabon. Son frère Mame Thierno Birahim Mbacké supplée à son absence auprès de sa famille et de la communauté mouride. L’administration coloniale justifie alors sa décision en affirmant: “Il ressort clairement du rapport que l’on a pu relever contre Ahmadou Bamba aucun fait de prédication de guerre sainte, mais son attitude, ses agissements, et surtout ceux de ses principaux élèves sont en tous points suspects”.

Baye mouride dieng

Il retourne à Dakar en 1902, après 7 ans et 9 mois d’exil au Gabon dans la forêt équatoriale, et est acclamé par la foule alors que beaucoup pensaient qu’il y était mort. L’administration coloniale tente à nouveau de l’arrêter, en envoyant des tirailleurs et des spahis, mais ses disciples (talibé) le protègent. Il est finalement arrêté l’année suivante (1903) et amené pendant quatre ans en Mauritanie.
Après 1910, les autorités françaises réalisent que cheikh Ahmadou Bamba ne désire pas la guerre. Serigne Touba refusa la Légion d’honneur que lui décerne l’autorité coloniale se détournant ainsi des honneurs mondains. Son mouvement prit de l’ampleur en 1926 quand la construction de la Grande Mosquée de Touba, où il est inhumé, commença. Son tombeau est un lieu de pèlerinage. Après son rappel à Dieu, la communauté s’organisera autour de son fils aîné.